La régulation des importations s’installe au cœur de la politique économique de l’État. L’objectif est de mieux encadrer les flux d’importation, de préserver l’approvisionnement du marché et de soutenir l’investissement productif.
Conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a procédé, hier, à l’installation du comité permanent de suivi et de traitement des demandes d’importation, selon un communiqué des services du Premier ministre.
La cérémonie d’installation s’est déroulée en présence du président et des membres du comité, à savoir le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, le ministre des Finances, un représentant du gouverneur de la Banque d’Algérie, le président de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF) et le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), précise la même source.
Ce nouvel organe, institué par le décret exécutif n° 26-327 du 13 octobre 2026, publié au Journal officiel n° 72, doit permettre de mieux contrôler les opérations d’importation tout en préservant les besoins de l’économie nationale.
À travers ce dispositif, les pouvoirs publics entendent concilier deux impératifs : maîtriser les importations et garantir la disponibilité des produits indispensables au marché national, aux entreprises et aux projets d’investissement. L’enjeu est de renforcer la cohérence des décisions d’importation avec les priorités économiques du pays, notamment le développement de la production nationale.
Un examen systématique des demandes
Placée auprès du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, la nouvelle structure est chargée d’examiner et d’émettre un avis sur chaque opération d’importation. Son champ d’intervention couvre également les importations réalisées pour propre compte par les opérateurs économiques dans le cadre de leurs activités de production et de services, dans la limite de leurs besoins propres.
La régulation ne signifie pas un blocage uniforme des importations. Le dispositif prévoit, au contraire, un traitement d’urgence pour les produits jugés sensibles ou prioritaires, notamment ceux nécessaires à l’approvisionnement du marché national et au fonctionnement des unités de production.
Lors de l’installation du comité, le Premier ministre a souligné que cette priorité devait permettre de soutenir les activités économiques et les projets d’investissement, tout en préservant la disponibilité des biens et des services au profit des citoyens.
Cette orientation vise à éviter que les contraintes liées au traitement des dossiers d’importation ne pénalisent les entreprises productives, en particulier celles qui dépendent d’intrants, de matières premières ou d’équipements importés pour assurer la continuité de leur activité. En parallèle, l’encadrement des demandes doit contribuer à une meilleure allocation des importations, en tenant compte des besoins réels des opérateurs et des priorités économiques nationales.
La démarche s’inscrit ainsi dans une logique de rationalisation des flux commerciaux, sans perdre de vue les exigences de fonctionnement de l’appareil productif.
Un suivi renforcé et une évaluation périodique
Le décret exécutif confie également au comité la mission de proposer des mesures susceptibles de faciliter le traitement des demandes d’importation. Il prévoit, en outre, l’évaluation et l’analyse périodiques des données issues de la plateforme numérique consacrée à l’enregistrement de ces demandes.
Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations devra transmettre chaque semaine un rapport au Premier ministre sur les activités du comité.
Cette obligation instaure un mécanisme de suivi régulier de la mise en œuvre du dispositif et des difficultés rencontrées dans le traitement des dossiers. Au-delà du contrôle administratif, le nouvel instrument place donc la décision d’importer dans un cadre de suivi institutionnel associant les secteurs concernés, les institutions financières et les représentants des entreprises.
L’installation de ce comité intervient dans un contexte où la diversification de l’économie et le renforcement des capacités productives constituent des enjeux majeurs. En encadrant davantage les importations, les pouvoirs publics cherchent ainsi à mieux articuler les achats à l’étranger avec les besoins de l’économie nationale et les perspectives de développement de la production locale.
L’objectif affiché est de parvenir à une régulation qui protège l’approvisionnement du marché, accompagne les investisseurs et donne davantage de place à la production nationale. Il s’agit, en somme, de mieux maîtriser les importations sans entraver l’activité économique, tout en orientant progressivement les ressources vers le développement du tissu productif national.
R.E
