L’ambassadeur du Japon en Algérie recommande aux entreprises de son pays de reconsidérer le marché algérien, notamment à l’aune de la nouvelle loi sur l’investissement.
L’ambassadeur du Japon en Algérie, Koutaro Suzuki, a dressé un tableau optimiste et ambitieux des relations entre l’Algérie et le Japon. Portées par une histoire de coopération remontant à la guerre de libération, ces relations connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt, marqué par une volonté commune de bâtir des partenariats durables dans des secteurs clés comme les énergies renouvelables, la technologie, l’investissement industriel et les échanges académiques.
L’ambassadeur Suzuki a rappelé, dans son entretien à Echourouk, que les relations algéro-japonaises ont débuté bien avant l’indépendance de l’Algérie, avec l’ouverture du bureau du FLN à Tokyo en 1958. Depuis, les deux pays ont cultivé une relation fondée sur l’amitié et le respect mutuel. Cependant, ces dernières années, notamment à cause de la pandémie de COVID-19, les échanges avaient ralenti.
L’année 2025 marque une relance significative, avec plusieurs événements diplomatiques majeurs : rencontre entre ministres des Affaires étrangères à Pretoria, visite du vice-ministre japonais des Affaires étrangères en Algérie, et participation du Premier ministre algérien à la Journée de l’Algérie lors de l’Exposition internationale de Kansai – Osaka. «Cette nouvelle dynamique montre que nos deux pays souhaitent renforcer leur dialogue politique et économique», affirme l’ambassadeur.
Plusieurs secteurs de coopération
Le diplomate identifie plusieurs domaines prioritaires pour la coopération bilatérale. Si les hydrocarbures restent un secteur stratégique, l’avenir semble se dessiner autour des énergies renouvelables, notamment l’hydrogène vert. Un projet de recherche conjoint entre la JICA (Agence japonaise de coopération internationale) et Sonatrach est en cours pour évaluer le potentiel de cette source énergétique en Algérie.
Outre l’énergie, le Japon souhaite contribuer à la modernisation de l’industrie algérienne grâce à son expertise technologique, en particulier dans la fourniture d’équipements industriels et de solutions de numérisation. L’ambassadeur souligne aussi l’intérêt croissant pour l’écosystème des startups algériennes, mené par une jeunesse dynamique.
L’ambassadeur a mis en lumière plusieurs projets de coopération en cours. Dans le secteur de la pêche maritime, des échanges techniques et académiques sont organisés, incluant une participation algérienne au prochain Salon international de la pêche et de l’aquaculture (SIPA) en novembre.
Sécurisation des infrastructures
Un autre domaine d’action concerne la construction parasismique. Le Japon, fort de son expérience, travaille avec des experts algériens pour améliorer la sécurité des bâtiments face aux risques sismiques, notamment via la fourniture d’équipements et la formation.
Koutaro Suzuki se réjouit de la participation active d’étudiants algériens au Japon, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la robotique et de la recherche spatiale. Ces jeunes talents, formés dans les universités et centres de recherche japonais, sont appelés à devenir des acteurs clés du développement technologique en Algérie et au-delà.
Le Japon soutient également des programmes de formation dans les domaines des hydrocarbures, des énergies renouvelables et de la transformation numérique, via la JICA.
Vers un retour des investissements japonais
Malgré la diminution du nombre d’entreprises japonaises en Algérie ces dernières années, l’ambassadeur se montre optimiste : «Le climat des affaires en Algérie s’est nettement amélioré. La stabilité politique, les réformes économiques et la nouvelle loi sur l’investissement sont des signaux encourageants.»
Concernant l’industrie automobile, domaine emblématique de l’innovation japonaise, le diplomate affirme encourager les entreprises nippones à explorer les opportunités en Algérie, même si la décision finale reste entre les mains des investisseurs privés.
En conclusion, l’ambassadeur exprime son admiration pour la jeunesse algérienne, qu’il considère comme «un levier essentiel pour bâtir l’avenir». Il souligne le potentiel considérable de cette nouvelle génération dans la construction d’une coopération durable et mutuellement bénéfique.
L’ambassadeur a également salué la participation active de l’Algérie à la conférence TICAD, un forum lancé par le Japon en 1993 pour promouvoir le développement en Afrique. «L’Algérie joue un rôle central sur la scène africaine, et sa contribution à la TICAD est précieuse pour construire une vision partagée du développement», a-t-il affirmé.
Islam K.
