Le procès après cassation des mis en cause qui devait être traité récemment a été renvoyé à la prochaine session criminelle suite à l’absence des avocats de la défense. Poursuivis pour appartenance à un groupe terroriste activant à l’intérieur du pays et apologie d’actes terroristes et d’avoir élaboré des plans machiavéliques notamment dépôt d’engins explosifs au niveau du siège de l’institut supérieur de la musique à la place des martyrs, au siège de la sûreté daïra d’Hussein Dey, d’une bombe artisanale à la station du métro d’Alger et l’assassinat d’un imam à Bordj El Kiffan et du savant Ferkous, les deux inculpés ont été condamnés à des peines de cinq ans et à dix-huit mois de prison ferme.
Le verdict a été prononcé par le tribunal criminel d’Alger de la deuxième instance, contre les deux mis en cause. Ces derniers ont purgé, rappelons-le, les peines prononcées contre eux. Le premier inculpé répondant aux initiales de D.Sofiane, 29 ans, journalier, alias «Abou Abdelmoutafer», non détenu à répondu aux questions posées par le tribunal criminel en qualité de mineur car les faits retenus contre lui se sont déroulés lorsqu’il avait 17 ans. L’incriminé a d’emblée tenté de faire croire à la présidente en charge du dossier que «toutes les dépositions faites au juge d’instruction de l’époque lui ont été soutirées sous la contrainte», exercée selon lui «par les investigateurs chargés de l’enquête préliminaire». Le coupable, a par ailleurs, affirmé à la présidente qui ne l’entendait pas de cette oreille que «les enquêteurs l’ont sommé de signer les procès-verbaux sans toutefois lui permettre de lire ce qui était mentionné dedans». Il a en outre nié avoir pris attache avec les groupes terroristes qui activaient dans la localité de Larabataache dans la wilaya de Boumerdes où d’avoir rencontré et transporté à bord de son véhicule le terroriste «El Adoui Walid» et Boudina Merouane, le kamikaze qui a perpétré l’attentat contre le siège du Palais du gouvernement et un autre dangereux terroriste connu sous le sobriquet d’«Abou Moussa». Son acolyte B. Seddik qui a écopé de dix-huit mois de prison ferme a indiqué aux membres du tribunal criminel : «Je n’ai rien à voir avec les groupes terroristes mais je reconnais n’avoir pas aux moments opportuns dénoncé les agissements de D.Sofiane.
Je n’ai à aucun moment douté que mon voisin du quartier entretenait des relations avec les groupes armés qui activaient au centre du pays». Le procureur général a estimé ce jour-là que toutes les preuves légales et matérielles relatives aux accusations sont formelles notamment en ce qui concerne l’intention criminelle des mis en cause pour rejoindre le maquis et ensuite les terroristes qui s y trouvaient en s’appuyant sur le listing téléphonique qui liait le premier inculpé à des terroristes. Il n’a pas manqué de requérir les peines confirmées dans le jugement prononcé c’est-à-dire cinq ans de prison ferme et dix-huit mois de prison ferme contre les deux accusés. Coincés par les déclarations contradictoires de leurs clients et les demandes du procureur général, les avocats de la défense se sont contentés de demander l’application des articles ayant trait aux circonstances atténuantes se basant sur les enquêtes sociales effectuées sur leurs clients et lesquelles étaient en faveur de ces derniers.
Il convient de signaler que cette affaire revient au devant de la scène après que les juges de la chambre criminelle de la cour suprême ont répondu favorablement aux pourvois en cassation établis par les mis en cause qui ont contesté la manière avec laquelle ils ont été jugés lors du premier jugement. Les juges de la chambre criminelle de la Cour suprême ont par ailleurs répondu favorablement au pourvoi en cassation du procureur général qui a estimé que les peines prononcées contre les deux prévenus étaient «clémentes». Le procureur général a estimé à travers son mémoire que les deux concernés avaient bel et bien l’intention de commettre leurs actes criminels contre les biens de l’Etat et contre bien sûr les paisibles citoyens.
R.H.
