L’Algérie et les Pays-Bas entendent donner une nouvelle impulsion à leur partenariat énergétique. En visite de travail lundi à Alger, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, s’est entretenu avec le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, puis avec le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal. Les discussions ont porté sur l’élargissement de la coopération bilatérale, la promotion des investissements et le renforcement des échanges technologiques dans les différentes filières énergétiques.
Lors de sa rencontre avec Mohamed Arkab, l’accent a été mis sur les relations commerciales entre les entreprises des deux pays, notamment dans la commercialisation du pétrole brut, des condensats, des produits raffinés, du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et du gaz naturel liquéfié (GNL). Les deux parties souhaitent désormais étendre cette coopération au raffinage, à la pétrochimie, à la recherche et à l’exploration, ainsi qu’au développement des infrastructures pétrolières et gazières.
À cette occasion, Mohamed Arkab a présenté les programmes de développement du secteur et les opportunités d’investissement offertes aux entreprises néerlandaises. Il les a invitées à renforcer leur présence en Algérie, notamment en prenant part à la campagne d’appels d’offres AlgeriaBid Round 2026.
La coopération pourrait également s’étendre à la fabrication locale d’équipements et au développement de solutions technologiques destinées à l’industrie pétrolière et gazière. Les échanges ont notamment porté sur les possibilités de partenariat entre les entreprises néerlandaises, l’Agence néerlandaise pour l’entrepreneuriat, Sonatrach et ses filiales, avec pour objectifs le transfert de savoir-faire et le renforcement de l’intégration industrielle nationale.
La décarbonation figure également parmi les axes prioritaires de ce rapprochement. Les discussions ont ainsi abordé les technologies à faibles émissions, la réduction de l’empreinte carbone des installations pétrolières et gazières et l’adoption de solutions propres tout au long des chaînes d’approvisionnement.
L’hydrogène vert au cœur des nouvelles perspectives
Avec Mourad Adjal, les échanges ont porté sur les perspectives de coopération dans les domaines de l’électricité, des énergies renouvelables et, particulièrement, de l’hydrogène vert. Les deux responsables ont examiné les possibilités de tirer parti de l’expertise néerlandaise dans cette filière, à travers le partage des connaissances, le transfert de technologies et la réalisation de projets communs.
Un projet de mémorandum d’entente consacréà l’hydrogène et à la transition énergétique, actuellement à l’examen entre les deux pays, devrait constituer le cadre de cette coopération. Il prévoit notamment des actions dans le développement de l’hydrogène vert, l’efficacitéénergétique, la formation et l’échange de compétences.
Afin d’accélérer sa finalisation, les deux parties ont convenu de mettre en place un groupe de travail conjoint, composé de cadres techniques des ministères concernés. Il sera chargé de faire avancer le document et de définir les modalités de mise en œuvre des domaines de coopération retenus.
Mourad Adjal a souligné l’importance de valoriser les complémentarités entre les deux pays afin de développer des partenariats économiques et techniques au service de la transition énergétique. De son côté, Tom Berendsen a réaffirmé l’intérêt des Pays-Bas pour le renforcement de leur coopération avec l’Algérie, notamment dans les énergies propres et l’hydrogène vert.
Ce rapprochement traduit la volonté des deux pays de diversifier leur partenariat énergétique au-delà des échanges traditionnels d’hydrocarbures. Pour l’Algérie, l’enjeu consiste notamment à attirer de nouveaux investissements, à développer les capacités industrielles locales et à accéder à des technologies susceptibles d’accompagner l’émergence de nouvelles filières énergétiques.
S.R.
