Le mouvement de grève a également entraîné une affluence inhabituelle dans de nombreuses stations-service, où les transporteurs ont suspendu leurs activités
À la suite de l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs des carburants et de l’application prochaine du nouveau Code de la route, plusieurs interrogations ont émergé parmi les professionnels du secteur des transports. Ces mesures ont provoqué un mécontentement généralisé, culminant par le lancement, le jeudi 1er janvier, d’une grève ouverte par des chauffeurs de camions et de bus.
Cette grève a perturbé de manière significative le secteur des transports dans plusieurs wilayas du pays. La circulation des moyens de transport a connu un ralentissement notable, et certaines lignes ont été temporairement arrêtées. Ce mouvement a également entraîné une affluence inhabituelle dans de nombreuses stations-service, où les chauffeurs ont suspendu leurs activités en attendant des clarifications sur les nouvelles mesures et leur impact économique.
L’Influx d’inquiétudes
La situation a été exacerbée par la diffusion rapide d’informations sur les réseaux sociaux, qui ont alimenté les interrogations des citoyens concernant la disponibilité des services, en particulier pour les déplacements inter wilayas.
Afin d’éclairer l’opinion publique, le ministère des Hydrocarbures et des Mines a annoncé ce vendredi, dans un communiqué, que la révision des prix des carburants, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, avait été mise en place dans le but de garantir un approvisionnement constant du marché national et de couvrir les coûts croissants de production et de distribution. Cette mesure vise également à maintenir l’équilibre financier du secteur, tout en soulignant que l’État continuera de prendre en charge une grande partie de la différence entre le coût réel des produits et le prix à la station-service.
La révision des prix concerne l’essence sans plomb, dont le prix passe de 45,62 DA/litre à 47 DA/litre (+1,38 DA), le diesel (mazout), dont le prix passe de 29,01 DA/litre à 31 DA/litre (+1,99 DA), ainsi que le gaz de pétrole liquéfié (GPL/C), qui passe de 9 DA/litre à 12 DA/litre (+3 DA).
Cette révision s’inscrit dans le cadre de l’application des textes législatifs et réglementaires en vigueur, et vise à maintenir la disponibilité des carburants sur l’ensemble du territoire national. Le Ministère a précisé que, malgré cette hausse, le gaz de pétrole liquéfié (GPL/C) reste le carburant le plus économique en Algérie, avec un prix quatre fois inférieur à celui de l’essence. Ce dernier élément met en évidence l’engagement de l’État à encourager l’utilisation de cette option, à la fois économique et écologique.
Le département de Mohamed Arkab a également précisé que les nouveaux prix des carburants ne reflètent pas le coût réel du produit, prenant en compte l’extraction, le raffinage, le transport et la distribution. Le Trésor public continue de supporter la majeure partie du prix final pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et soutenir les activités économiques.
L’objectif principal de cette révision est de garantir la continuité du service public et d’éviter toute fluctuation de l’approvisionnement. En outre, les recettes générées par cette révision des prix seront directement investies dans la modernisation des stations-service, l’expansion du réseau de distribution de détail, et le développement des infrastructures de stockage et de distribution.
Le Ministère a insisté sur le fait que cette démarche équilibre la nécessité de maintenir la qualité et la continuité du service public tout en protégeant les consommateurs des fluctuations de prix, permettant ainsi aux prix des carburants de rester parmi les plus bas et les plus stables au niveau international, malgré l’augmentation de janvier.
L’Organisation de protection du consommateur « Himayatec » a publié, hier, un communiqué explicatif. Après consultation de l’entreprise SOGRAL, l’organisation a indiqué que le transport entre les grandes wilayas se poursuivait normalement, sans interruption programmée, afin d’assurer la mobilité des voyageurs, notamment à l’occasion du week-end et de la fin des vacances scolaires.
Himayatec a également annoncé qu’un contact avait été établi avec un représentant de l’Union nationale des transporteurs. Une réunion d’urgence est prévue dimanche prochain afin d’examiner la situation et d’échanger sur les préoccupations exprimées par les professionnels du secteur.
L’organisation a rappelé que le transport constitue un service public et que sa continuité reste un principe fondamental, tout en soulignant l’importance du dialogue entre les différentes parties concernées.
Détails des nouveaux tarifs
Parallèlement, l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) a procédé à une révision des prix des carburants à compter du 1er janvier 2026 à minuit. Les nouveaux tarifs TTC sont fixés à 47 dinars le litre pour l’essence sans plomb, 31 dinars pour le gasoil et 12 dinars pour le GPL-C, contre respectivement 45,62 dinars, 29,01 dinars et 9,2 dinars auparavant.
L’ARH a demandé aux stations-service d’appliquer immédiatement ces tarifs et de les afficher de manière visible, conformément aux décrets exécutifs en vigueur.
L’annonce de cette hausse, communiquée aux distributeurs à la limite du délai légal, a suscité des interrogations quant à sa méthode de communication. Selon Abdelhak Ghrimes, membre de l’APOCE à Jijel, cette révision s’inscrit dans le cadre du décret exécutif 21-63, qui confère à l’ARH la compétence de fixer les prix de détail en fonction des coûts et de la fiscalité.
Il a précisé que cette augmentation n’est pas liée à de nouvelles taxes prévues par la loi de finances 2026, laquelle n’a instauré qu’un prélèvement symbolique de 0,10 dinar par litre sur l’essence sans plomb.
Le député Ahmed Beldjilali, membre de la commission des finances et du budget à l’APN, a rappelé à ce titre que la réforme des prix des produits subventionnés devait s’accompagner d’un dispositif de compensation monétaire directe en faveur des ménages éligibles, mécanisme qui n’a pas encore été mis en œuvre.
Islam K.
