Depuis quelques jours, le marché des fruits et légumes est en surchauffe. Les prix ne sont plus en adéquation avec la réalité du terrain. Pourtant, l’offre est abondante.
Un exemple parmi tant d’autres : la tomate. Ce produit est en surplus, puisque le gouvernement a même récemment exporté d’importantes quantités. Or, il a connu l’une des hausses les plus spectaculaires. De 50 DA le kilo, il est passé à 300 DA peu après l’annonce de son importation.
La carotte, également vendue habituellement à un prix abordable, dépasse désormais les 150 DA le kilo. La hausse la plus vertigineuse concerne l’ail, qui a atteint 1 200 DA dans certains marchés. En plus des légumes, les prix de certains fruits ont également flambé. Le prix de la pomme a dépassé les 1 000 DA, alors qu’il est habituellement plafonné à environ 400 DA le kilo. Tous les autres produits agricoles se vendent à partir de 200 DA le kilo.
Les intermédiaires pointés du doigt
Cette situation est, selon de nombreux observateurs, causée par la multiplication des intermédiaires, qui renchérissent le produit parfois trois à quatre fois par rapport à son prix initial. D’autres soulignent que les agriculteurs sont contraints de vendre leur production tôt le matin à un premier intermédiaire, qui la revend ensuite à un deuxième, voire à un troisième, avant qu’elle n’atteigne le détaillant. Ainsi, les produits traversent souvent plus de trois circuits de distribution, ce qui entraîne une inflation rapide des prix, directement répercutée sur le consommateur final.
Appel des citoyens au boycott des achats
Face à cette inquiétante désorganisation du marché, des citoyens ont appelé, via les réseaux sociaux, à un boycott de trois jours des marchés des fruits et légumes. Prenant cet appel au sérieux, l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) est sortie de sa réserve et a appelé les citoyens à «ne pas se laisser entraîner par les rumeurs et les informations erronées diffusées par certaines pages».
Elle a affirmé que la hausse récente des prix de certains légumes «est conjoncturelle et saisonnière», indiquant que la situation «reviendra progressivement à la normale dans les prochains jours», sans, toutefois, publier de communiqué explicatif détaillé à l’adresse de l’opinion publique.
L’UGCAA a précisé que cette hausse limitée a concerné certains produits tels que la tomate, la carotte et l’ail. Selon l’organisation, cette augmentation serait liée à des facteurs climatiques et aux cycles de production, ainsi qu’à une baisse de l’offre par rapport à la demande. Elle ajoute que ces variations sont naturelles et observées sur différents marchés dans le monde, soulignant que la situation de l’approvisionnement et des prix sur le marché national reste globalement normale et stable.
Vers un retour progressif à la normale
L’Union a également adressé un message rassurant aux citoyens, expliquant que l’amélioration des conditions climatiques et l’arrivée de nouvelles productions agricoles dans les prochains jours permettront, à court terme, d’améliorer l’approvisionnement et de rétablir l’équilibre, avec une baisse progressive des prix, selon les indicateurs actuels sur le terrain.
Par ailleurs, l’Union a souligné que la majorité des autres produits de consommation (légumes, fruits et denrées alimentaires de base) sont disponibles en quantités suffisantes, à des prix raisonnables, et régulièrement présents sur les étals des commerces conformément aux prix réglementés en vigueur.
Le communiqué indique que ces fluctuations conjoncturelles restent naturelles et temporaires et ne peuvent être dissociées des transformations économiques et sociales mondiales, ainsi que des évolutions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et de leurs répercussions directes et indirectes sur les chaînes d’approvisionnement et les marchés internationaux.
L’Union affirme que le travail se poursuit de manière coordonnée avec les autorités publiques, notamment le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, ainsi qu’avec les différentes instances concernées, afin de garantir la disponibilité des produits, d’assurer un approvisionnement régulier et de maintenir la stabilité des prix sur l’ensemble du territoire national.
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont réagi. La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a réaffirmé, lors d’une récente réunion avec les représentants des grossistes, la nécessité de «réorganiser cette filière stratégique» dans une approche participative visant à améliorer le fonctionnement du marché et à garantir un approvisionnement régulier.
H. Adryen
