La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a accusé ses détracteurs de «haine idéologique» et de rejet du pluralisme politique et intellectuel. Elle leur reproche également de s’en prendre aux femmes indépendantes et aux militantes politiques.
Lors d’une rencontre du bureau de wilaya d’Alger du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune a fustigé ceux qui, selon elle, «se posent en tuteurs» d’elle-même ou de son parti.
«Je leur dis : ça suffit, ayez un peu honte de vous-mêmes. Un peu de morale face à une telle tragédie», a-t-elle lancé, en référence aux incendies qui ont touché la wilaya de Jijel.
«Même cela, vous ne l’épargnez pas ? Un peu de morale», a-t-elle ajouté.
La dirigeante du PT a ensuite dénoncé ce qu’elle qualifie de «haine idéologique», estimant que certains de ses détracteurs «n’ont pas la capacité de faire la part des choses ni de respecter l’opinion de l’autre». Elle leur reproche également de rejeter «le pluralisme intellectuel et politique».
Louisa Hanoune a également ciblé ceux qui s’en prennent, selon elle, aux femmes indépendantes et aux militantes engagées dans la vie publique.
«Ils n’acceptent pas qu’une femme soit indépendante, qu’elle fasse de la politique ou qu’elle travaille et décide de son propre destin», a-t-elle dénoncé.
Poursuivant sur le même ton, elle a affirmé que certains de ses détracteurs, «s’ils le pouvaient, transformeraient toutes les femmes algériennes en femmes de harem».
Elle les accuse de vouloir imposer leur domination en raison de leur «incapacité à mener un débat politique honnête», préférant recourir aux réseaux sociaux et, selon elle, instrumentaliser et déformer la religion pour porter des jugements, faute «d’arguments et de preuves politiques».
«Nous les laissons donc patauger dans le marécage de leur ignorance politique, tandis que nous poursuivons notre combat», a-t-elle déclaré.
Retour sur les incendies de Jijel
Dans un autre volet de son intervention, Louisa Hanoune est revenue sur son déplacement dans une zone montagneuse touchée par les incendies.
Elle a expliqué que la veille au soir, elle se trouvait sur le chemin du retour de la montagne avant d’emprunter une route non goudronnée pour rejoindre son domicile dans sa région natale. «Même le mur a été dévoré par les flammes, il n’en reste rien», a-t-elle témoigné.
Plusieurs sujets à l’origine de la polémique
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs prises de position récentes de Louisa Hanoune ont suscité des réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur la réforme du système éducatif et la place des langues dans l’enseignement.
Le report de l’apprentissage du français à l’école primaire au profit de l’anglais a notamment ravivé les débats sur l’identité linguistique et la nature de l’école algérienne.
La position de la secrétaire générale du PT sur la peine de mort a également alimenté la polémique. Opposée à cette sanction, Louisa Hanoune a renouvelé son refus dans le contexte du débat sur les crimes les plus graves, notamment ceux liés aux incendies de forêt.
La tragédie de Jijel est ainsi venue ajouter une nouvelle dimension à la controverse. Louisa Hanoune a dénoncé ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la catastrophe pour l’attaquer, elle et son parti.
Elle a finalement accusé ses détracteurs de céder à une «haine idéologique» et de refuser le débat contradictoire ainsi que le pluralisme des idées et de la vie politique.
R.N.
