Alger veut s’appuyer sur les 100 milliards de dollars de capital de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures pour renforcer le financement de ses grands projets.
L’Algérie entend accélérer la mobilisation de financements internationaux pour soutenir ses grands projets d’infrastructures. À Doha, Alger mise sur cette institution, dotée d’un capital de 100 milliards de dollars, pour diversifier ses sources de financement, renforcer son attractivité et accélérer le développement de ses infrastructures.
L’Algérie entend renforcer sa coopération avec les institutions financières internationales en consolidant sa présence au sein de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), dotée d’un capital de 100 milliards de dollars. À Doha, Alger a également mis en avant les atouts de son économie et les opportunités d’investissement offertes aux partenaires internationaux.
Le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a participé aux travaux de la 11e réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de la BAII, organisée les 28 et 29 septembre 2026 dans la capitale qatarie, sous le thème : «Les infrastructures de demain : impact et innovation.»
La rencontre a réuni les délégations des pays membres, des décideurs ainsi que les dirigeants de plusieurs institutions financières de développement. Les discussions ont notamment porté sur les orientations stratégiques de la banque, la performance de son portefeuille d’investissement et plusieurs questions institutionnelles, réglementaires et financières.
Pour l’Algérie, cette participation revêt un intérêt particulier, compte tenu de son adhésion à la BAII depuis 2019. Cette appartenance lui offre des possibilités de coopération, de financement et d’assistance technique dans le domaine des infrastructures.
Plusieurs secteurs ciblés
Créée en 2016, la BAII dispose d’un capital de 100 milliards de dollars et compte 111 pays membres. Spécialisée dans les infrastructures durables, elle pourrait accompagner l’Algérie dans les transports, l’énergie, les infrastructures et la transition énergétique.
L’adhésion de l’Algérie à la BAII lui ouvre des perspectives de financement pour ses grands projets dans les transports, l’énergie et les infrastructures. La coopération pourrait aussi couvrir les renouvelables, l’hydrogène vert et les infrastructures durables, avec un appui technique et le développement de partenariats public-privé. Ces investissements pourraient renforcer la position logistique de l’Algérie et ses connexions avec l’Afrique et les marchés internationaux.
En marge de la réunion, Mohamed Lamine Lebbou a participé à une table ronde des gouverneurs consacrée aux perspectives d’élargissement de l’activité de la banque et à l’amélioration de son impact dans les pays membres.
Les échanges ont porté notamment sur l’amélioration de l’efficacité des projets financés et la promotion de solutions innovantes dès les phases de conception et de réalisation.
Les participants ont également souligné le rôle des institutions financières multilatérales dans la mobilisation de solutions de financement adaptées aux défis économiques et climatiques auxquels sont confrontés les pays en développement.
Des rencontres avec plusieurs responsables financiers
En marge de cette session, le ministre des Finances s’est entretenu avec la présidente de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures. Les discussions ont porté sur les moyens de renforcer et de développer le partenariat entre l’Algérie et l’institution.
Il a également rencontré le président du Groupe de la Banque islamique de développement. Les échanges ont notamment porté sur le renforcement des capacités nationales, le transfert de connaissances et le développement de mécanismes de financement en faveur des projets durables.
Des entretiens bilatéraux avec les ministres des Finances du Qatar et de l’Arabie saoudite ont également permis d’aborder les moyens de développer et de diversifier la coopération financière et les investissements dans de nouveaux secteurs.
Vers des projets concrets
Au cours de ses interventions, le ministre des Finances a mis en avant la stabilité macroéconomique de l’Algérie et les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et moderniser le cadre de l’investissement.
L’adhésion à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII) ouvre de nouvelles perspectives de coopération et de financement pour les projets structurants. Elle doit notamment permettre de mobiliser des financements internationaux et une expertise technique au service des infrastructures, de la diversification économique et de l’attractivité du marché algérien.
La concrétisation de ces opportunités dépendra, toutefois, de la validation des projets et de leur conformité aux critères de financement de la banque.
Smail Rouha
