Depuis son arrivée à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni est régulièrement brandie en France par une partie de l’extrême droite comme l’icône d’une politique migratoire de fermeture et de rejet.
Par Rédaction de Crésus
La réalité, bien plus nuancée, déjoue ces fantasmes : loin des caricatures, l’Italie met en place une politique d’ouverture encadrée, qui assume pleinement la nécessité d’accueillir des travailleurs venus d’ailleurs pour répondre aux besoins de son économie.
Rome fixe chaque année, par décret, le nombre de travailleurs extra-européens pouvant entrer légalement sur son territoire. Pour la période 2023-2025, ce sont 450 000 permis de travail qui ont été ouverts, un chiffre qui montera à 500 000 pour 2025-2028. Ces volumes considérables témoignent d’une reconnaissance claire : l’Italie, comme d’autres pays européens, a besoin de l’apport de l’immigration pour faire tourner ses secteurs clés, de l’agriculture aux services. Là où d’aucuns brandissent l’illusion de l’autosuffisance nationale, Giorgia Meloni fait un choix lucide et courageux.
Une organisation rigoureuse, loin du chaos fantasmé
Contrairement au récit apocalyptique véhiculé par les extrêmes, cette ouverture n’a rien d’anarchique. Les arrivées sont planifiées, réparties par secteur et par quotas. Loin d’un laisser-aller, c’est une immigration ordonnée, où l’État italien fixe le cadre et garantit la régularité des flux. En d’autres termes : pas de débordement, mais une gestion assumée, au service des besoins de l’économie italienne.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, plus de 60% des quotas concernaient des emplois saisonniers, répondant directement aux demandes des exploitations agricoles, du tourisme et de l’hôtellerie. Plutôt que de sombrer dans une rhétorique de peur, l’Italie a fait le choix d’adapter son système pour accueillir là où le besoin est le plus pressant. Cette politique, qui conjugue ouverture et pragmatisme, montre qu’il existe une voie médiane entre fermeture brutale et laxisme fantasmé.
Déconstruire les mensonges français
En France, certains agitent le spectre d’une invasion pour justifier des discours xénophobes. L’exemple italien les contredit frontalement. Loin d’ériger des murs, Giorgia Meloni assume l’évidence : sans immigration, son pays ne peut pas maintenir son dynamisme économique. Là où l’extrême droite française vend une illusion dangereuse — celle d’un pays prospère et autosuffisant sans étrangers — l’Italie démontre que l’ouverture, bien gérée, est une force.
Il est donc temps de dire les choses clairement : l’Italie de Giorgia Meloni n’est pas la forteresse que fantasme l’extrême droite française. C’est au contraire une nation qui accueille, qui planifie, et qui prouve que l’immigration peut être une ressource précieuse quand elle est organisée avec sérieux. Derrière les slogans et les peurs agitées à Paris, la vérité italienne est limpide : sans les immigrés, pas de récoltes, pas de services, pas de croissance. Meloni, loin d’être la “barrière” que certains imaginent, est devenue l’illustration d’une ouverture raisonnée.
R.C.
