Dans un entretien accordé à Politis, la docteure en droit international public Insaf Rezagui dénonce l’impuissance du droit international à protéger les Palestiniens face à la poursuite du génocide à Ghaza et à l’expansion coloniale israélienne en Cisjordanie.
«Le droit international, ce n’est pas fait pour nous», lui confiait un ami palestinien. Une phrase qu’elle juge révélatrice : les résolutions de l’ONU restent lettre morte faute de mécanismes contraignants et de volonté politique des États.
Selon Rezagui, la reconnaissance d’un État palestinien par la France, telle qu’évoquée par Emmanuel Macron, n’a pour l’instant qu’une portée symbolique : «Elle relève d’un message politique, pas d’un acte juridique», précise-t-elle. Elle estime que l’argument du «droit au retour» des réfugiés palestiniens, reconnu depuis 1948, demeure ignoré dans les négociations, perpétuant une logique coloniale.
Interrogée sur la responsabilité des puissances occidentales, la chercheuse avertit : «La France pourrait être poursuivie pour complicité si elle continue de fournir des armes à Israël», à l’instar d’une procédure déjà engagée contre l’Allemagne. Pour elle, l’absence de sanctions réelles conforte l’entité dans son projet de destruction du peuple palestinien.
Face à la multiplication des crimes documentés par des ONG, Rezagui appelle à un sursaut académique, politique et juridique : «Si demain on arrêtait de vendre des armes à l’entité, le génocide s’arrêterait instantanément.»
Un constat amer, mais une alerte claire: sans volonté des États, le droit international restera une «coquille vide» pour les Palestiniens.
S.M.
