Lors de sa participation au 11ᵉ Forum international de l’Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC), qui s’est ouvert hier à Riyad en Arabie saoudite, le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, a souligné, au nom de l’Algérie, la nécessité d’adopter «une approche globale reposant sur la coopération et le renforcement des liens intellectuels, culturels, religieux et scientifiques entre les peuples et les nations», selon un communiqué du ministère de Affaires étrangères.
Intervenant lors de la réunion de haut niveau du Groupe des amis de l’Alliance des civilisations des Nations unies, Sofiane Chaib a insisté sur l’importance de consolider cette initiative onusienne et de la doter « des mécanismes nécessaires à même de concrétiser les principes et les objectifs de la Charte des Nations unies, de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des instruments internationaux y afférents».
Présidant la délégation algérienne à ce forum international, organisé cette année sous le thème « Deux décennies de dialogue pour l’humanité : l’avènement d’une nouvelle ère de respect et de compréhension mutuels dans un monde multipolaire », Sofiane Chaib a rappelé que cette rencontre coïncidait avec le 20ᵉ anniversaire de la création de l’Alliance des civilisations de l’ONU.
Une plateforme, a-t-il souligné, destinée à « réduire les fractures, combattre l’intolérance, l’extrémisme et l’exclusion, et faire face à la montée du discours de haine, de la marginalisation et de l’islamophobie».
Dans son intervention, le secrétaire d’État a également mis en avant les efforts de l’Algérie sur la scène internationale en faveur du vivre-ensemble pacifique.
Il a notamment évoqué « l’expérience algérienne en matière de règlement pacifique des conflits et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent », s’inspirant des valeurs portées par l’Émir Abdelkader, fondateur de l’État algérien moderne, qu’il a qualifié de « symbole universel du dialogue entre les civilisations et précurseur des principes du droit international humanitaire».
Sur le plan national, Sofiane Chaib a rappelé que l’Algérie a adopté plusieurs mécanismes visant à rejeter toutes les formes de violence et de haine et à promouvoir les valeurs de tolérance, de solidarité, de paix, de dialogue, de dignité et de justice. Il a cité, à ce titre, «l’adoption d’une loi relative à la lutte contre le discours de haine, suivie de la création d’un observatoire national chargé de surveiller ces pratiques et d’y faire face».
«Il est temps de mettre fin au cercle vicieux de la mort»
Selon le communiqué du ministère , le Forum a vu la participation du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, du Haut Représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations et Envoyé spécial pour la lutte contre l’islamophobie, Ángel Moratinos, ainsi que de nombreux représentants de gouvernements et de personnalités internationales influentes, en plus de jeunes leaders et de femmes engagés en faveur de la paix et du rapprochement entre les cultures et les religions.
Dans son discours d’ouverture, Antonio Guterres a souligné l’importance de renforcer les passerelles entre les religions, les cultures et les civilisations pour résoudre les conflits mondiaux, estimant qu’«il n’existe aujourd’hui aucune mission plus vitale».
«Il est temps de mettre fin au cercle vicieux de la mort et de la destruction», a-t-il déclaré. S’exprimant à son tour, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, a affirmé que l’accueil de cette session par le royaume « reflète son soutien constant aux efforts de l’ONU visant à promouvoir les valeurs de tolérance, de dialogue et de coexistence pacifique entre les cultures et les religions».
De son côté, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Alissa, a souligné que les valeurs humanitaires internationales sur lesquelles reposent les Nations unies bénéficient d’une légitimité mondiale. «Les grandes civilisations se sont construites sur la religion et les traditions sociales», a-t-il ajouté, appelant les responsables religieux et intellectuels du monde entier à assumer leur responsabilité dans la lutte contre les idéologies extrémistes.
À travers cette participation, l’Algérie réaffirme ainsi son engagement en faveur du dialogue entre les cultures et les religions, et sa volonté de contribuer activement aux efforts internationaux visant à bâtir un monde fondé sur le respect mutuel et la compréhension partagée.
R.N
