En réponse aux questions des députés, relatives au projet de loi portant règlement budgétaire pour l’exercice 2022, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred a confirmé l’intention du gouvernement de créer, dans un avenir proche, une banque exclusivement dédiée à la finance islamique.
Projet déjà annoncé au mois de mai dernier par le Directeur général de la BNA, Samir Tamrabet, en marge des Assemblées générales annuelles de la Banque islamique de développement (BID) en indiquant que «ce projet de création d’une banque 100% islamique a été présenté à l’Assemblée générale et au Conseil d’administration de la BNA et sera concrétisé dans le cadre d’un partenariat avec le Groupe de la BID», cette initiative vise à offrir des services bancaires conformes aux principes de la finance islamique. Elle ne manquera pas de répondre ainsi aux besoins d’une clientèle de plus en plus nombreuse, en quête de solutions financières hallal. Il faut savoir que le marché halal mondial est un secteur en pleine expansion, estimé à environ 12% du marché alimentaire mondial. Plus précisément, ce marché en pleine expansion, est estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars, avec une croissance annuelle prévue de 4,8% entre 2022 et 2027. Le secteur de l’alimentation et des boissons halal représente la majorité du marché, avec une valeur de 1,1 milliard de dollars en janvier 2024 et une projection de croissance de 11,5% pour atteindre 1,37 milliard de dollars en 2027. C’est dire que l’Algérie qui a besoin de financer ses projets d’investissements, notamment dans les domaines de l’habitat, de la santé et de l’éducation, pourra attirer les investisseurs qui recherchent des instruments financiers (Soukouk islamiques) conformes à leurs principes.
La finance islamique, faut-il le préciser, repose sur des principes tels que la prohibition des intérêts (riba), l’interdiction des transactions spéculatives et la nécessité de partager les risques et les bénéfices. Et la création d’une banque islamique permettra de mettre en pratique ces principes et de proposer des produits et services financiers innovants et adaptés aux besoins des clients. Outre cette annonce qui représente un nouveau cap pour le secteur financier du pays, le premier argentier du pays a également, fait part lors de son intervention devant les députés de l’APN, que « la Direction des domaines de l’État se prépare à lancer un concours pour recruter 4.400 employés afin de renforcer ses capacités». En réponse à la question du député du MSP, Belkhir Zakaria, qui avait fait part de l’arrêt des travaux du tronçon «Sablettes- Bordj El- Kiffan» et d’autres retards accumulés dans l’exécution de certains projets au niveau de la capitale, Abdelkrim Bouzred a appelé à «réfléchir à de nouvelles règles tenant compte des délais des procédures administratives et techniques relatives au projet avant son lancement». Et de souligner, à ce sujet, «la nécessité de créer une plateforme numérique permettant de suivre de près l’état du projet ainsi que le taux d’avancement de ses travaux, de manière à fournir à tous les intervenants des informations précises et suffisantes». A une autre question d’un autre député relative aux marchés publics, le ministre du secteur a révélé qu’un nouveau projet de décret exécutif est «en phase de finalisation». Il a précisé que les services de son département s’attellent actuellement à l’élaboration de la nouvelle version du décret relatif aux marchés publics qui sera soumis aux services du Premier ministère.
Ce projet de décret intervient en exécution de la loi N 23-12 définissant les règles générales relatives aux marchés publics, promulguée en août 2023. Il a fait observer que le projet de décret exécutif fixant les modalités d’application des règles générales relatives aux marchés publics a été soumis à une seconde lecture lors de la réunion du gouvernement tenue le 25 février dernier, et qu’il a été décidé de le retirer pour sa reformulation selon une nouvelle approche. La nouvelle version vise à «simplifier, de manière substantielle, les dispositions du texte, en privilégiant la clarté et l’efficacité opérationnelle, tout en veillant à conférer davantage de dynamisme à la gestion des marchés publics aux services contractants et à renforcer leur responsabilité», a-t-il ajouté. Pour rappel, le ministre des Finances, a présenté lundi dernier devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) le projet de loi portant règlement budgétaire de l’exercice 2022.
Dans son exposé, le ministre avait révélé que les recettes budgétaires de 2022 s’élevaient à 7.244 milliards de dinars, tandis que les dépenses globales exécutées ont atteint 10.494 milliards de dinars. «Ce montant se répartit en 7.443 milliards de dinars consacrés aux dépenses de fonctionnement, et 3.050 milliards de dinars alloués à l’équipement », avait-il précisé en ajoutant que «ces chiffres traduisent les efforts soutenus de l’État pour répondre aux besoins essentiels des citoyens, tout en poursuivant les programmes d’investissement public».
Ferhat Zafane
