Cet état de famine résulte d’un choix politique de l’Etat sioniste.
C’est une première au Moyen-Orient. Les Nations unies ont déclaré officiellement l’état de famine à Ghaza. Vendredi, l’ICP (Integrated Phase Classification), un mécanisme internationale piloté par l’ONU, a déclaré que l’enclave palestinienne entrait dans un état de famine extrême. En réaction à cette annonce, le ministère des affaires étrangères a affirmé, dans un communiqué publié hier, que c’est «un précédent extrêmement dangereux, le premier du genre dans l’histoire de la cause palestinienne et dans l’histoire de tout le Moyen-Orient». Selon le communiqué des affaires étrangères, «ce qui est le plus répréhensible et déplorable, c’est que cet état de famine totale ne résulte pas de circonstances impérieuses. Il s’agit plutôt d’un choix politique, du produit d’une planification et d’une gestion de l’occupation israélienne». L’Algérie, à travers son ministère des affaires étrangères, indique que «l’état de famine déclaré n’est en rien étranger au projet de déplacement, au projet de réoccupation de Ghaza, ou à ce que l’on appelle désormais le projet du «Grand Israël».
Dans le contexte de la guerre d’extermination en cours à Gaza, l’Algérie condamne fermement ces politiques et pratiques imposées au peuple palestinien, précise le communiqué et «appelle la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU, à assumer ses responsabilités dans l’action collective nécessaire pour anéantir le projet du «Grand Israël» et préserver les fondements de la solution à deux États comme base de tout règlement juste, durable et définitif du conflit israélo-palestinien». En tant que membre du Conseil de sécurité, l’Algérie a également affirmé son engagement à poursuivre ses efforts diplomatiques pour soutenir le peuple palestinien, œuvrer pour mettre fin à cette catastrophe humanitaire sans précédent et œuvrer pour accélérer la création d’un État palestinien indépendant et souverain avec Jérusalem comme capitale.
Immuable soutien
Fidèle à son soutien à la cause palestinienne, l’Algérie ne cesse de plaider pour l’établissement de l’Etat de Palestine et pour la paix dans toute la région du Moyen-Orient. L’Algérie est le premier et seul pays à avoir officiellement lancé cet appel au Conseil de sécurité, en janvier dernier, et a reçu le soutien de la majorité écrasante des membres de l’organe onusien. Lors de la dernière conférence de haut niveau des Nations unies sur le règlement pacifique de la question palestinienne, l’Algérie a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur de la cause palestinienne, en appelant à l’admission de la Palestine comme État membre de plein droit de l’ONU, à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel à Ghaza, à l’acheminement urgent de l’aide humanitaire et à la protection du peuple palestinien contre le déplacement forcé et la colonisation.
Des chiffres effrayants
Des sources multiples alertent pourtant depuis plusieurs mois sur les difficultés rencontrées par la population pour se nourrir, dans un territoire soumis depuis près de deux ans à des opérations militaires quasi incessantes. Pour le Secrétaire général de l’ONU, les estimations du nouveau rapport de l’IPC ne relèvent pas du mystère. «Il s’agit d’une catastrophe d’origine humaine, d’une condamnation morale et d’un échec pour l’humanité», a déploré António Guterres, avant d’ajouter que «la famine n’est pas une question de nourriture.
C’est l’effondrement délibéré des systèmes nécessaires à la survie humaine». L’ICP dénombre pas moins de 500 000 personnes dans un état «catastrophique», ce qui représente pas moins d’un quart de la population. Ce chiffre pourrait atteindre plus de 640 000 personnes en septembre. L’ONU attribue clairement la responsabilité de cette famine à Israël.
Saïd S.
