La signature d’un nouveau protocole d’accord intervient dans un contexte de relance des relations bilatérales, marqué par le renforcement de la coordination sécuritaire.
L’Algérie se dit disposée à examiner toute proposition du Niger visant à renforcer la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays. Cette volonté a été réaffirmée, hier, par le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général d’armée Saïd Chanegriha, lors de sa rencontre avec le ministre nigérien de la Défense, le général d’armée SalifouMody.
Le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, a reçu, hier, à Alger son homologue nigérien, qui effectue une visite de travail à la tête d’une importante délégation militaire. Plusieurs hauts responsables militaires ont pris part à cette rencontre.
Il s’agit de la deuxième visite du ministre nigérien de la Défense en Algérie en l’espace de quelques jours, après un premier déplacement effectué mercredi dernier.
À cette occasion, les deux parties ont signé un protocole d’accord dans le domaine de la coopération militaire, a annoncé le ministère de la Défense nationale, sans en préciser le contenu
Reçu par le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le responsable nigérien a évoqué les perspectives de développement des relations entre les deux armées et les moyens de faire face aux défis sécuritaires communs.
Dans son allocution, le général d’armée Saïd Chanegriha a souligné la volonté commune des deux pays de consolider leur coopération militaire bilatérale afin de relever les défis auxquels ils sont confrontés et d’y faire face avec l’efficacité et l’engagement requis.
«Cette visite, qui intervient dans le prolongement de celle que vous avez effectuée il y a quelques jours, traduit pleinement notre volonté commune de renforcer les voies de la coopération militaire bilatérale afin de relever les défis qui se posent et d’y faire face avec l’efficacité et l’engagement requis», a-t-il déclaré.
Le chef d’état-major de l’ANP a également assuré que l’armée algérienne était disposée à examiner les propositions nigériennes susceptibles de consolider les relations militaires et sécuritaires entre les deux pays.
«Je saisis cette occasion pour vous réaffirmer l’entière disposition de l’ANP à examiner toute proposition nigérienne de nature à renforcer notre coopération militaire et sécuritaire, au service des intérêts suprêmes de nos deux pays frères et en droite ligne de la ferme volonté de leurs dirigeants», a ajouté le général d’armée Saïd Chanegriha.
De son côté, SalifouMody a salué le niveau de coordination entre les deux armées et exprimé la volonté de Niamey de poursuivre son approfondissement.
Un rapprochement engagé au sommet
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la dynamique de rapprochement impulsée par la visite à Alger du président nigérien, le général AbdourahamaneTiani, les 15 et 16 février 2026, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre avait ouvert la voie à une relance des relations entre les deux voisins, après une période de tensions diplomatiques.
Depuis, les deux capitales multiplient les initiatives pour rétablir la confiance et renforcer leurs échanges dans les domaines politique, sécuritaire et économique. En mars, elles avaient notamment affiché leur volonté de resserrer leur coordination face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière et aux trafics illicites.
Le soutien algérien s’est également traduit sur le terrain. L’Algérie a procédé à la livraison d’équipements militaires au Niger, comprenant notamment des hélicoptères, des munitions et des pièces de rechange, selon les informations communiquées sur cette opération. En juin, elle avait aussi livré une centrale électrique de 40 mégawatts destinée à contribuer à l’approvisionnement de Niamey et de sa périphérie.
Le Sahel au cœur des préoccupations
Au-delà des relations bilatérales, le renforcement des liens militaires entre Alger et Niamey répond aux enjeux de sécurité de l’espace sahélo-saharien, confronté aux activités de groupes terroristes, aux trafics transfrontaliers et à la criminalité organisée.
Pour les deux pays, la surveillance des frontières et le partage d’informations constituent des enjeux majeurs. La stabilité de cette zone revêt une importance particulière pour l’Algérie, qui partage une longue frontière avec le Niger et fait de la sécurité de son voisinage méridional une priorité.
La signature de ce protocole d’accord vient ainsi donner un cadre supplémentaire au rapprochement entre les deux pays. Reste à mesurer sa portée opérationnelle à travers les mécanismes qui seront effectivement mis en œuvre, alors que la coordination régionale demeure un enjeu central face aux menaces sécuritaires au Sahel.
Smail Rouha
