L’accord d’exemption réciproque de visas diplomatiques signé en 2013 entre l’Algérie et la France n’aura tenu que douze ans. L’Algérie a officiellement mis fin à l’accord franco-algérien sur l’exemption de visas de court séjour pour les titulaires de passeports diplomatiques ou de service. Autrement dit, elle a décidé de ne plus honorer les termes de cet engagement.
Dans un avis publié au dernier numéro du Journal officiel, correspondant au 17 septembre, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé la dénonciation officielle de l’accord. Cette décision intervient après la suspension de l’arrangement par le gouvernement français, annoncée en août dernier par un avis du même ministère et publiée au Journal officiel. «En date du 7 août 2025, le ministère des Affaires étrangères a transmis une notification écrite à l’ambassade de la République française en Algérie, l’informant de la décision du gouvernement algérien de dénoncer l’accord du 16 décembre 2013», peut-on lire dans le document. La diplomatie algérienne précise qu’en conséquence de la suspension de l’accord par la France, Alger a également informé Paris, via l’ambassade de France en Algérie, de sa décision de soumettre désormais, et avec effet immédiat, les ressortissants français titulaires de passeports diplomatiques ou de service à l’obligation d’obtenir un visa.
Une version française contestée
Pour rappel, en août dernier, un avis du Quai d’Orsay publié au Journal officiel de la République française avait acté le gel de l’accord, affirmant que c’était l’Algérie qui avait «cessé d’appliquer, à compter du 11 mai 2025, l’accord franco-algérien de 2013», tout en invoquant le principe de réciprocité. En réaction, une source au ministère algérien des Affaires étrangères avait qualifié cette affirmation de «mensongère», en soulignant que les restrictions imposées aux détenteurs algériens de passeports diplomatiques et de service avaient été décidées unilatéralement par Paris dès février dernier. «À maintes reprises, c’est la France, et elle seule, qui a été à l’origine d’une telle démarche», a insisté la même source. Elle a ajouté qu’en décidant de suspendre l’accord, la France avait offert à l’Algérie «l’opportunité idoine d’annoncer sa dénonciation pure et simple».
Conformément à l’article 8 de l’accord de 2013, la notification a été officiellement transmise par la voie diplomatique. Selon Alger, les premières violations de l’accord ont été commises par la France, notamment le 13 février 2025 et le 26 février 2025, lorsque deux détenteurs de passeports diplomatiques algériens se sont vu refuser l’accès au territoire français. «La réaction d’Alger n’a donc été qu’une application du principe de réciprocité», a insisté la source. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a, de son côté, publié le 19 août dernier un avis actant la suspension de l’accord de 2013, en attribuant la responsabilité de cette rupture à l’Algérie. Mais Alger rappelle que dès le 26 février 2025, un communiqué officiel avait dénoncé ces mesures et demandé des explications à Paris. Pour la diplomatie algérienne, «la mauvaise foi de la partie française est manifeste», puisque c’est elle «qui a assumé la responsabilité des premières violations flagrantes de l’accord».
La même source conclut que ce dossier est désormais «définitivement clos» après la notification de la dénonciation le 7 août dernier. Désormais, les titulaires français de passeports diplomatiques et de service devront, pour entrer en Algérie, se conformer aux mêmes conditions de visa que celles imposées par la France à leurs homologues algériens.
Mahmoud Tadjer
