Cette attaque contre cette action civile est une preuve de plus de la volonté destructrice de l’Etat sioniste.
Dans la nuit du 8 au 9 juin, le navire de la Flottille de la Liberté, en route vers Ghaza, a été arraisonnée par l’armée sioniste alors qu’il naviguait en dehors des eaux territoriales de l’Etat sioniste. A bord, douze humanitaires et activistes pacifiques, dont l’eurodéputée française Rima Hassen et la militante climatique suédoise Greta Thunberg, ont été arrêtés. En fin de soirée, Rima Hassan avait annoncé la présence de l’armée sioniste autour du bateau sur les réseaux sociaux. Dans le même temps, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, avait précisé : «Ils viennent d’être rejoints par les vedettes israéliennes. Cinq navires encerclent la flottille […]. Pour l’instant, ils sont simplement encerclés». Plus tard dans la nuit, l’organisation Flottille de la liberté pour Ghaza, qui a affrété le bateau humanitaire Madleen, a dit que celui-ci avait été arraisonné par l’armée israélienne. «La liaison a été perdue avec le Madleen. L’armée israélienne a arraisonné le bateau», a indiqué cette organisation sur Telegram, affirmant que l’équipage avait été «kidnappé par les forces israéliennes».
Selon le ministère de la défense de l’Etat sioniste, le navire a été dérouté vers le port d’Ahsdod, port commercial du sud non loin de Ghaza, où les passagers doivent être débarqués. «Il est prévu que les passagers retournent dans leurs pays», a indiqué pour sa part un communiqué du ministère des Affaires étrangères sioniste. Le bateau avait quitté la Sicile dimanche dernier avec pour mission de fournir des produits humanitaires et de lever le blocus naval de Ghaza, tout en attirant l’attention sur la détérioration de la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne. Le navire transportait de l’aide humanitaire à destination de la population civile de Ghaza, soumise à un blocus total depuis le 2 mars dernier. La cargaison comprenait notamment des produits médicaux, de la nourriture et des équipements de première nécessité. L’intervention des forces sionistes sur le navire Madleen, alors qu’il naviguait dans les eaux internationales, est une violation flagrante du droit international. Selon un tracker en ligne, le Madleen se trouvait à ce moment-là au sein des eaux internationales. Selon Benjamin Fiorini, secrétaire général de l’association des «Juristes pour le respect du droit international» et maître de conférences, s’exprimant sur une chaîne de télévision française, «Israël n’a aucune souveraineté sur ces eaux-là, de telle sorte que cette arrestation, par définition, ne peut pas être légale.
Condamnation unanime
Plusieurs pays dont la Turquie, la France, l’Iran et l’Espagne ont condamné l’attaque illégale de l’Etat sioniste contre le navire humanitaire Madleen alors qu’il s’approchait de Ghaza pour briser le blocus imposé sur ce territoire. «Cet acte odieux du gouvernement Netanyahu, qui menace la liberté de navigation et la sécurité maritime, démontre une fois de plus qu’Israël agit comme un État terroriste», a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. Des députés français ont exigé la libération des militants détenus après l’interception du navire humanitaire Madleen. La France insoumise (LFI) a déclaré dans un communiqué que la détention de militants à bord du navire humanitaire constitue une «violation flagrante du droit international». Yolanda Diaz, ministre espagnole du Travail et l’une des trois vice-premières ministres, a condamné la capture du Madleen par l’Etat sioniste et a exhorté l’UE à réagir de manière décisive.
La mobilisation continue
La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens, Francesca Albanese, qui a soutenu l’opération, a exhorté dimanche d’autres bateaux à défier le blocus de Ghaza. «Le voyage de Madleen est peut-être terminé, mais la mission ne l’est pas. Chaque port méditerranéen doit envoyer des bateaux chargés d’aide et de solidarité à Ghaza», a-t-elle écrit sur X. Par ailleurs, des milliers d’activistes de 32 pays, en coordination avec des organisations non gouvernementales, des diplomates et des organisations humanitaires, prévoient de manifester au poste frontière de Rafah le 15 juin. Les activistes prévoient de se rassembler au Caire, la capitale égyptienne, le 12 juin, de se rendre à Arish, la ville frontalière de Ghaza, le lendemain, puis de marcher 50 kilomètres en trois jours jusqu’au poste-frontière de Rafah.
Saïd S.