Le prochain rendez-vous électoral se prépare dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de crédibilité.
À l’approche des élections locales prévues le 28 novembre, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) entre dans une phase décisive de la préparation du scrutin. À Ouargla, son président, Saïd Arous, a réuni, hier, les coordinateurs de plusieurs wilayas du Sud pour faire le point sur les préparatifs et renforcer la coordination entre les différentes structures chargées du suivi de l’opération électorale.
Une coordination renforcée
Cette réunion s’inscrit dans le cadre des rencontres régionales organisées par l’Anie afin de rapprocher les structures locales et d’harmoniser les méthodes de travail. Saïd Arous a insisté sur l’importance d’une coordination permanente entre les services de l’Anie, les administrations et les différentes institutions concernées par l’organisation du scrutin.
La mobilisation des moyens humains et matériels, la réactivité des structures locales et la capacité à intervenir rapidement en cas de difficulté ont également été mises en avant. La coordination avec les services du ministère de l’Intérieur, les autorités locales, les secteurs des transports et des services publics, ainsi qu’avec le corps judiciaire et les médias, doit contribuer à assurer un déroulement homogène du processus électoral.
Préoccupations communes
Cette préparation de terrain intervient parallèlement aux consultations engagées par l’Anie avec les formations politiques. Si les partis divergent sur plusieurs questions, leurs représentants se retrouvent sur un certain nombre d’exigences liées à la crédibilité du scrutin.
Le Front de la justice et du développement, le RCD et Jil Jadid ont notamment insisté sur la transparence des opérations, l’égalité entre les candidats, la neutralité de l’administration, l’application uniforme de la législation électorale et l’effectivité du droit de recours.
Les échanges ont également porté sur les conditions de candidature et de parrainage, le traitement des dossiers, la publication des résultats ainsi que la numérisation de certaines procédures.
Le Front de la justice et du développement a plaidé pour l’instauration d’un dialogue régulier avec les partis et pour une révision de certains critères de candidature. Le RCD a, de son côté, insisté sur la nécessité de consolider la transparence du processus et de garantir la neutralité de l’administration.
Jil Jadid a remis à l’Anie un mémorandum comportant 22 propositions. Le parti place la prochaine échéance électorale sous le signe de la «confiance» et demande notamment que les candidats soient soumis aux mêmes règles, que les décisions d’exclusion soient dûment motivées et que les voies de recours puissent être réellement exercées.
Éviter les disparités entre les wilayas
Sur le terrain, l’Anie cherche, désormais, à identifier les éventuelles difficultés avant le jour du scrutin. Les coordinateurs locaux ont été appelés à faire remonter les contraintes rencontrées et à s’assurer, en amont, de la disponibilité des moyens nécessaires.
L’objectif est notamment d’éviter que des différences de pratiques ne se développent d’une wilaya à l’autre et de garantir une interprétation aussi uniforme que possible des règles électorales.
Le directeur général des affaires électorales auprès de l’Anie, Farid Chehiltelma, a présenté à cette occasion un exposé consacré aux principales étapes du processus électoral.
La sécurisation des procès-verbaux, la traçabilité des opérations et la publication détaillée des résultats comptent parmi les principales préoccupations exprimées lors des consultations avec les partis. Au-delà du scrutin du 28 novembre, plusieurs formations souhaitent également que le dialogue engagé avec l’Anie puisse se poursuivre afin de régler, au fur et à mesure, les difficultés liées à l’application de la législation électorale.
Le cadre institutionnel se précise
En parallèle de ce travail de préparation, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé une réunion consacrée à la mise en œuvre de la loi organique relative aux partis politiques. Les travaux ont notamment porté sur l’article 15, qui prévoit une plateforme numérique consacrée au suivi de l’activité des formations politiques.
La coordination entre les différents intervenants, l’uniformité dans l’application des règles et la mise en place de garanties suffisamment claires pour les candidats et les électeurs constituent, désormais, les principaux enjeux de cette dernière phase.
Assia M.
