La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a annoncé, hier, lors d’une réunion du bureau de wilaya du parti à Alger, que sa formation ne participera pas aux prochaines élections locales à Jijel.
Cette décision intervient dans un contexte particulier pour la wilaya, touchée par les incendies, et alors que plusieurs communes poursuivent encore les opérations de recensement et d’évaluation des dégâts.
Louisa Hanoune a indiqué que les responsables du PT à Jijel avaient, dès le début, estimé que la participation était impossible alors que les militants du parti étaient engagés dans les opérations de solidarité avec les populations sinistrées.
Selon elle, il aurait été «immoral» et politiquement inapproprié de solliciter les suffrages de familles encore confrontées aux pertes humaines, aux destructions de leurs habitations et aux conséquences des incendies.
La dirigeante du PT a également affirmé que son parti avait souhaité un report du scrutin à Jijel, estimant que la situation de la wilaya ne permettait pas, selon elle, de mener normalement une campagne électorale. Elle a cité notamment le fait que 21 communes sur 28 auraient été touchées, à des degrés divers, par les incendies. Elle a appelé les autorités à examiner la possibilité d’un report dans cette wilaya.
Une question de stratégie
À l’échelle nationale, Louisa Hanoune a rappelé que le Parti des travailleurs avait décidé de participer aux élections locales, tout en laissant une marge de décision aux structures locales. Elle a également souligné que la participation électorale constituait, pour son parti, une question relevant de la stratégie politique et non d’un principe intangible.
Louisa Hanoune a évoqué la dernière opération électorale, qu’elle a qualifiée de particulièrement difficile. Elle a attribué l’abstention qu’elle dit avoir constatée non seulement aux électeurs, mais également à une partie des militants politiques, aux insuffisances du système électoral et à l’absence, selon elle, de garanties politiques suffisantes pour protéger le droit de candidature.
La secrétaire générale du PT a toutefois rappelé que son parti avait décidé de participer aux élections législatives et locales et d’encourager ses militants et sympathisants à prendre part au processus électoral, tout en respectant les choix individuels.
La dirigeante du Parti des travailleurs a, par ailleurs, réitéré ses remarques concernant le cadre électoral. Elle estime que plusieurs préoccupations exprimées par les formations politiques n’ont pas été suffisamment prises en compte et appelle à renforcer les garanties liées au droit de candidature et à la participation politique.
Le coût de la vie au cœur des préoccupations
Au-delà des élections locales, le discours de Louisa Hanoune a porté sur les conditions socioéconomiques. Elle a notamment évoqué la hausse des prix des produits alimentaires, qu’elle considère comme une préoccupation majeure pour les ménages, ainsi que la question du pouvoir d’achat.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs a appelé à des mesures visant à mieux encadrer les prix et à renforcer les mécanismes de régulation du marché. Elle a également plaidé pour une revalorisation des salaires, des allocations et des pensions en fonction de l’évolution des prix. Elle a, par ailleurs, évoqué des difficultés d’approvisionnement concernant certains médicaments et demandé une amélioration de la prise en charge des besoins des patients.
Des propositions pour les communes touchées par les incendies
Une partie importante de son intervention a été consacrée à la situation dans les zones rurales et montagneuses de Jijel. Revenant sur une récente visite dans plusieurs localités touchées, Louisa Hanoune a insisté sur les besoins en matière de logement, de transport, d’eau, d’électricité, de scolarisation et d’accompagnement des agriculteurs et éleveurs.
Elle a notamment appelé à renforcer les moyens dont disposent les communes pour faire face aux catastrophes naturelles et à prévoir des ressources financières suffisantes dans les prochains textes budgétaires. La responsable du Parti des travailleurs a également proposé une réflexion sur le développement local de Jijel, mettant en avant ses potentialités agricoles, touristiques et économiques.
Elle estime qu’un programme durable doit accompagner les opérations de reconstruction et permettre aux populations rurales de conserver leur activité et leurs moyens de subsistance.
I. Khermane
