Pour une «gouvernance plus efficace» des structures publiques intervenant dans le domaine des énergies, l’Algérie compte fusionner l’Agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie et le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.
C’est du moins ce qui ressort du communiqué de la réunion du gouvernement présidée hier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. «Le gouvernement a examiné un projet de décret exécutif portant création de l’Agence nationale pour l’efficacité énergétique et la maîtrise de l’énergie et fixant ses missions, son organisation et son fonctionnement», indique le communiqué.
La même source précise qu’il «s’agit de la création d’une nouvelle instance issue de la fusion de l’Agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue) et du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique».
Selon le même communiqué, ce projet s’inscrit «dans une démarche d’optimisation et de rationalisation des structures publiques intervenant dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, en assurant une coordination et une gouvernance plus efficaces pour accompagner l’ambition de l’Algérie de demeurer un acteur énergétique central».
En effet, avant cette décision, il a été créé, par décret, en octobre 2019, un commissariat en vue de structurer la stratégie nationale algérienne des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Parmi les missions qui lui sont conférées, figurent la définition, sur la base de la stratégie nationale, des stratégies sectorielles dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, tout en tenant compte des autres plans élaborés, et ce, conformément à la législation et à la réglementation en vigueur.
Le Commissariat devait aussi participer à l’élaboration d’un cadre législatif et réglementaire attractif pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, et identifier et proposer des mécanismes de financement innovants pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Il avait aussi pour mission de concevoir et de proposer des programmes de promotion et de développement des utilisations des énergies renouvelables. En outre, il lui incombe des obligations toutes aussi nombreuses, comme assurer un suivi de manière périodique la stratégie nationale mise en œuvre et y apporter des corrections, assurer la veille technologique dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, notamment à travers la réalisation des projets pilotes à caractère d’illustration, de démonstration ou d’incitation ou encore accompagner la mise en place des laboratoires de certification et de contrôle de la qualité des équipements et de proposer et vulgariser des normes et des labels des équipements et appareils économes en énergie et ceux produisant de l’énergie à partir de sources renouvelables.
Quant à l’Aprue, créée par décret en 1985 modifié en 2024, elle avait pour mission, entre autres, d’établir le bilan énergétique, les études de prospective énergétique et évaluer les potentiels à moyen et long terme de la maîtrise de l’énergie grâce à son observatoire de la maîtrise de l’énergie.
Aussi, est-elle chargée d’organiser et de diffuser les informations nécessaires aux besoins du développement de la maîtrise de l’énergie et de développer des activités de communication et de sensibilisation dans ce domaine ou encore la recherche de financements des actions de maîtrise de l’énergie auprès des bailleurs de fonds, l’étude des moyens permettant la levée des barrières à la promotion de la maîtrise de l’énergie et la contribution dans les projets de coopération internationale dans le domaine de la maîtrise de l’énergie.
La fusion de ces deux instances répond au souci de rationaliser les dépenses publiques mais aussi de concentrer les ressources humaines dans une seule instance pour mieux les optimiser. Enfin, lors de la même réunion, le gouvernement «a entamé l’examen d’un projet de décret exécutif fixant les modalités et conditions d’homologation des produits de construction, d’entretien et d’exploitation des infrastructures routières, autoroutières, aéroportuaires, maritimes et ferroviaires», souligne le communiqué.
Ce projet de texte, vise, conclut la même source, «à mettre en place un référentiel fixant les exigences et les normes techniques des produits utilisés dans le cadre de la réalisation des travaux publics, garantissant la qualité, la sécurité et la pérennité des infrastructures de base».
R.N
