Attaf est monté à la tribune pour parler de confiance. À l’ONU. Oui, à l’ONU. Autant parler de sobriété dans un bar.
La grande boutique internationale fonctionne admirablement. Elle fabrique de la résolution au kilomètre, conditionne de la condamnation en gros et livre de la «profonde préoccupation» dans le monde entier. Pour les résultats, le service après-vente est momentanément indisponible.
Attaf demande une ONU plus juste. L’Afrique aussi demande. Depuis longtemps. Cinquante-quatre pays patientent devant le Conseil de sécurité comme devant une administration un jeudi en fin d’après-midi. «Votre dossier est important pour nous.» Surtout ne raccrochez pas.
Puis vient Ghaza et le droit international sort son costume de cérémonie. Pendant que les civils meurent, les chancelleries sont «vivement préoccupées». Encore deux ou trois mille morts et elles pourraient devenir «extrêmement préoccupées». Tremblez !
Au Sahara occidental, Attaf commet alors une grossièreté diplomatique. Il ressort le droit à l’autodétermination. Quelle manie de relire les vieux textes ! Il ajoute que le temps ne transforme pas un fait accompli en légalité. Catastrophe. Si même les décennies ne blanchissent plus les dossiers où va la diplomatie ?
Au Sahel, autre insolence algérienne. Attaf prétend que pour combattre le terrorisme, il faudrait aussi combattre la pauvreté, l’exclusion et le sous-développement. Quelle idée ! Alors que depuis des années, le monde avait trouvé tellement plus simple. Envoyer des soldats, organiser une conférence sur l’échec des soldats, puis organiser une conférence sur la conférence.
Et voilà l’Algérie.
Tanmiya moustadama. Développement durable.
Ici, attention ! Impossible de bombarder le problème avec un communiqué. Le développement doit finir dans l’emploi, l’école, l’hôpital, le logement et l’assiette. Le citoyen possède d’ailleurs un très mauvais défaut. Il consulte rarement les rapports avant de regarder son portefeuille.
Attaf parle enfin d’intelligence artificielle et demande que l’Afrique ne devienne pas le consommateur docile des cerveaux électroniques fabriqués ailleurs.
Elle a raison de se dépêcher.
Après lui avoir vendu ses machines, ses logiciels et ses plateformes, le monde développé pourrait bientôt lui vendre l’algorithme chargé de lui expliquer pourquoi elle reste sous-développée.
Attaf voulait restaurer la confiance.
Excellente idée.
Reste maintenant à retrouver où l’ONU l’avait rangée.
S. Méhalla
