Le gouvernement affiche clairement sa détermination à remettre de l’ordre dans le secteur de l’enseignement privé, longtemps critiqué pour ses dérives et son manque de régulation.
Réuni hier, sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, l’Exécutif a examiné un projet de décret exécutif destiné à encadrer strictement les conditions et procédures d’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés, ainsi que leur fonctionnement et leur contrôle.
Ce texte intervient dans un contexte marqué par la multiplication d’écoles privées ne répondant pas toujours aux normes administratives et pédagogiques requises. Le gouvernement entend ainsi, selon le communiqué des services du Premier ministère, corriger les «dysfonctionnements et les lacunes constatés sur le terrain» à travers l’instauration d’un nouveau cahier des charges fixant de manière précise les obligations administratives, techniques et pédagogiques auxquelles devront se conformer les opérateurs.
Désormais, l’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés «sera soumis aux exigences de la cartographie scolaire», une mesure destinée à mettre un terme à l’ouverture anarchique d’écoles sans prise en compte des besoins réels.
Les écoles privées seront également tenues «de dispenser un enseignement conforme aux programmes et aux manuels nationaux et dans le respect des constantes nationales», précise le communiqué, une réaffirmation de la primauté du cadre pédagogique public. Pour rappel, en septembre dernier, sollicité par un député pour l’accélération de la publication du cahier des charges, le ministère de l’Education avait précisé que le nouveau dispositif législatif entend répondre à une série de dépassements et de violations relevés dans certaines écoles privées.
Pour mener cette réforme, un groupe de travail, réunissant les représentants des ministères et institutions concernés, a été installé. A l’issue de plusieurs sessions, ce groupe a finalisé un projet de décret exécutif assorti d’un cahier des charges. Ce projet, qui a suivi toutes les étapes réglementaires, devrait être publié prochainement au Journal officiel, selon le ministre de l’Education.
Cette révision du cadre juridique intervient dans un contexte marqué par de nombreux dysfonctionnements au sein du secteur privé de l’éducation. Parmi les infractions les plus fréquemment constatées, figurent notamment le non-respect du programme national officiel, le manque de qualification des enseignants ou encore le recours excessif aux vacataires, souvent au détriment de la qualité pédagogique.
À travers cette réforme, l’Exécutif entend renforcer les mécanismes de contrôle et garantir aux familles une offre éducative respectant les normes officielles, dans un secteur où les insuffisances relevées ont nécessité une intervention ferme des pouvoirs publics.
Formation professionnelle : réforme en profondeur
Toujours dans le secteur de l’enseignement, le gouvernement a également examiné la feuille de route 2026-2028 du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels, inscrite «dans la perspective d’une modernisation de ce secteur pour en faire un véritable levier de développement économique».
Ce plan stratégique prévoit «une refonte complète du système pédagogique», avec pour objectifs de «renforcer l’employabilité des diplômés, d’améliorer la qualité et de diversifier l’offre de formation afin de répondre pleinement aux besoins du marché de l’emploi». Une orientation qui confirme la volonté de faire de la formation professionnelle un pilier de la dynamique économique nationale.
Encadrer et structurer les secteurs stratégiques
Dans le cadre du suivi des grands projets structurants, le gouvernement «s’est enquis de l’état d’avancement des travaux du projet d’extension du port d’Annaba», lequel «s’inscrit dans le cadre de la réalisation du méga projet de phosphate intégré».
À travers ces dossiers, l’Exécutif réaffirme sa ligne d’action : encadrer, moderniser et structurer les secteurs stratégiques afin de consolider la gouvernance publique et d’accompagner le développement économique du pays.
Modernisation de l’organisation du Hadj
Lors de la même réunion, le gouvernement a entendu une communication relative aux préparatifs de la campagne Hadj 1447H/2026. Les autorités ont fait état de l’achèvement de plusieurs opérations clés, notamment la conclusion des contrats liés à l’hébergement, à la restauration, au transport des pèlerins et de leurs bagages, ainsi qu’à la prise en charge médicale.
L’accent a été mis sur la numérisation du processus organisationnel via le portail algérien du Hadj et l’introduction du paiement électronique des frais de pèlerinage, dans le but de simplifier les démarches et d’améliorer la transparence. Le gouvernement a insisté sur la nécessité d’une coordination permanente entre les différents secteurs impliqués afin d’assurer une organisation optimale et de préserver l’image du pays durant cette importante saison religieuse.
S.M
