La Chine, premier partenaire commercial de l’Afrique et acteur majeur dans le financement des grands projets d’infrastructure du continent, notamment via son initiative des «Nouvelles routes de la Soie», a annoncé la suppression des droits de douane pour tous les pays africains, y compris l’Algérie, avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.
Cette mesure entrera en vigueur le 1er mai prochain. Elle concerne la majorité des pays du continent, à l’exception de l’Eswatini, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Pékin en raison de sa reconnaissance officielle de Taïwan.
L’annonce a été faite par le président chinois Xi Jinping dans un message adressé à l’Union africaine (UA) lors de son 39e sommet à Addis-Abeba. Dans son discours, Xi a souligné que la Chine était fermement engagée à maintenir la paix mondiale, à promouvoir le développement commun et à renforcer la construction d’une communauté de destin partagé pour l’humanité. Il a également réaffirmé l’engagement de son pays à consolider sa coopération avec les pays africains.
Un partenariat économique qui change la donne
En plus de la suppression des droits de douane, Pékin entend accélérer la conclusion d’accords économiques structurants et faciliter l’accès des exportations africaines au marché chinois. Cela inclut des mesures visant à optimiser le «canal vert» et à fluidifier les procédures d’importation. L’objectif est de rééquilibrer progressivement les échanges commerciaux, actuellement déséquilibrés en faveur de la Chine, en encourageant les exportations africaines, notamment celles à plus forte valeur ajoutée. Ces mesures visent également à stimuler les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique, en particulier dans les secteurs des produits agricoles, des matières premières et des biens industriels légers. Pékin cherche ainsi à offrir aux pays africains un meilleur accès à l’un des plus grands marchés de consommation mondiaux, tout en consolidant sa position de partenaire stratégique pour le développement économique du continent.
Cette exonération fait partie d’une série de mesures déjà mises en place par la Chine pour soutenir ses relations économiques avec les pays en développement, et en particulier avec ceux d’Afrique. Elle constitue également une prolongation des politiques commerciales favorables adoptées par Pékin, qui visent à faciliter les échanges et à encourager un développement économique bilatéral renforcé.
Le président chinois a exprimé sa volonté de travailler avec l’Afrique pour renforcer leur amitié historique, approfondir leur coopération mutuellement bénéfique et développer une communauté de destin partagé, tant au niveau économique qu’historique.
Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint 348,05 milliards de dollars en 2025, en hausse de 17,7% par rapport à l’année précédente. Les exportations chinoises ont progressé de 25,8 % pour atteindre 225,03 milliards de dollars, tandis que les importations en provenance d’Afrique ont augmenté de 5,4%, s’élevant à 123,02 milliards de dollars.
Un concurrent pour l’Union européenne
La Chine et l’Afrique œuvrent pour le renforcement de leur partenariat stratégique global et le développement de la coopération pragmatique. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de la «Vision 2035», un plan à long terme visant à fixer les orientations et les objectifs de la coopération, tout en contribuant à la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et du programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030.
Au cours des quinze dernières années, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique et l’un des principaux investisseurs et financiers d’infrastructures du continent. Cette évolution suscite des inquiétudes au sein de l’Union européenne, qui a commencé en 2023 à élaborer une stratégie pour contrer l’influence économique croissante de la Chine en Afrique.
F.H
