Ce droit de change est accordé exclusivement au bénéficiaire réel qui prévoit de voyager
La Banque d’Algérie a publié, hier, un communiqué de rappel concernant les règles et procédures liées au droit de change destiné aux voyages à l’étranger, dans le cadre de la mise en œuvre de la décision du Président de la République portant son relèvement à 750 euros pour les citoyens majeurs et 300 euros pour les mineurs (12-19 ans).
Dans son communiqué, la banque précise que « ce droit de change est accessible à tout citoyen algérien résident une seule fois par année de référence », comme défini par l’instruction n°05-2025 du 17 juillet 2025. Cette année de référence s’étend du 20 juillet au 19 juillet de chaque année.
La Banque d’Algérie rappelle également que ce droit de change est accordé exclusivement au bénéficiaire réel qui prévoit de voyager. Elle met en garde contre toute tentative de détourner l’usage de ce montant. Le communiqué insiste sur le fait que l’instruction n°05-2025, notamment son article 10, « interdit et sanctionne toute manœuvre visant à détourner l’usage du montant du droit de change, conformément à la législation en vigueur ».
Cette initiative vise à réguler l’opération de change des devises et à garantir que le montant relevé soit utilisé pour son objectif premier : faciliter les déplacements des citoyens, tout en préservant les réserves en devises et en empêchant tout transfert illicite de fonds à l’étranger.
Les banques habilitées
La Banque d’Algérie a également désigné les six banques habilitées à délivrer cette allocation touristique en devises : la Banque nationale d’Algérie (BNA), la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), la CNEP Banque, la Banque extérieure d’Algérie (BEA), la Banque de développement local (BDL) et le Crédit populaire d’Algérie (CPA). Ces institutions, avec leurs réseaux couvrant l’ensemble du territoire national, sont responsables de l’encaissement de la contrepartie en dinars algériens et de la remise des devises étrangères dans les délais prescrits.
En plus de leurs agences classiques, des guichets seront également opérationnels dans les ports, aéroports et points de passage terrestres pour permettre la remise effective des devises le jour du départ.
L’allocation touristique algérienne de 750 euros pour les adultes est entrée en vigueur le 20 juillet dernier, suite à une instruction de la Banque d’Algérie visant à faciliter les voyages à l’étranger. Cette allocation est soumise à des conditions strictes : un séjour minimum de 7 jours et le retrait de la devise aux postes frontaliers après un paiement en dinar trois jours avant le départ. La somme est délivrée aux points de sortie du territoire national (aéroports et frontières terrestres et maritimes) sur présentation du reçu de versement, accompagné du passeport et de la carte d’embarquement.
Tout bénéficiaire annulant son voyage ou séjournant moins de sept jours doit restituer la totalité du montant perçu dans un délai de cinq jours après son retour. Le non-respect de cette règle entraîne une suspension du droit de change pendant cinq ans, ainsi que d’éventuelles poursuites pénales.
Une mesure qui suscite des critiques
Cette mesure remplace l’ancienne allocation, beaucoup plus faible (environ 100 euros), et répond à une demande de longue date pour plus de flexibilité dans l’accès aux devises pour les voyages. Toutefois, malgré l’augmentation du montant, l’allocation touristique continue de susciter des mécontentements.
Les critiques se concentrent sur les conditions strictes d’accès, notamment le séjour minimum de sept jours, l’impossibilité de cumuler l’allocation et l’obligation de restitution du montant en cas de changement de plans. De plus, certains s’inquiètent du risque de détournement, avec des arnaques et des pratiques de marché noir qui continuent d’exister malgré les tentatives de la Banque d’Algérie pour réguler le marché des devises.
Les mécontents soulignent également que le montant de l’allocation reste insuffisant par rapport aux besoins réels des voyageurs, malgré la hausse. Ils appellent à une réévaluation du montant pour le rapprocher des standards de la région et à l’ouverture de bureaux de change fiables, afin de ne pas être contraints de recourir au marché parallèle.
En somme, bien que l’allocation touristique constitue une mesure bienvenue pour faciliter les voyages à l’étranger, elle est perçue par beaucoup comme un pansement sur une jambe de bois. Les conditions strictes de son application, associées à une somme jugée insuffisante, génèrent de la frustration parmi les citoyens. Beaucoup appellent à une simplification du processus et à un ajustement du taux de change officiel pour répondre aux besoins réels des voyageurs, sans passer par les voies parallèles.
M.T
