Le mix énergétique de l’Algérie reste massivement dominé par les hydrocarbures. La question de l’intégration des énergies propres dans le mix énergétique national constitue, à ce titre, un enjeu majeur dans la perspective de préservation des ressources fossiles, de diversification des filières de production de l’électricité et de contribution au développement durable et à la protection de l’environnement.
Dans cette optique, l’Algérie a amorcé une stratégie de diversification de son mix énergétique, portée par le lancement de nombreux projets et la conclusion d’accords avec des partenaires étrangers, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, solaire et éolienne et le développement de l’hydrogène.
Les pouvoirs publics semblent donc bien engagés à asseoir les fondements d’une transition énergétique adaptée, en mobilisant tous les moyens pour une concrétisation réelle des objectifs tracés.
Le renouvelable au cœur des priorités
L’Algérie nourrit de grandes ambitions pour la promotion des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L’Algérie mise particulièrement sur l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne, tirant parti des atouts naturels considérables dont dispose le pays. Ces dernières années, les pouvoirs publics ont multiplié les initiatives et mis en place un cadre institutionnel dédié, avec la création de la Société algérienne des énergies renouvelables (SHAEMS), chargée de piloter les projets solaires et d’attirer les investisseurs, avec pour objectif officiel de porter la part du renouvelable à 30% d’ici à 2035. Cet objectif se traduira par la production de 15 000 mégawatts d’énergie renouvelable.
La première phase du projet, d’une capacité de 3 200 mW, est en cours de réalisation à travers 14 wilayas, et ce, parallèlement aux préparatifs pour le lancement d’une opération de raccordement des zones éloignées au réseau électrique, notamment dans le Sud, via des systèmes solaires individuels et des centrales photovoltaïques hors réseau. Ce programme permettra, en plus d’économiser le gaz, de développer une industrie tout au long de la chaîne de valeur, de stimuler la dynamique de l’hydrogène vert, d’exporter l’électricité produite à partir de sources renouvelables et de réduire l’empreinte carbone.
Hydrogène vert, le levier de la transition
L’Algérie est aussi très active dans le développement de l’hydrogène vert, faisant de cette énergie, un pilier de sa future économie et de sa stratégie énergétique. L’objectif est de devenir un hub énergétique et exportateur d’hydrogène vert, visant 10 % de la demande européenne en hydrogène d’ici à 2040. Il faut dire que l’Algérie recèle toutes les ressources pour devenir un fournisseur majeur d’énergie propre pour l’Europe, grâce à ses abondantes ressources d’énergies renouvelables (solaire et éolienne), à son infrastructure énergétique moderne et à son réseau de pipelines connecté directement aux marchés européens. La stratégie est portée par deux projets majeurs.
ALTEH2A (Algeria to Europe Hydrogen Alliance), une initiative stratégique visant la production d’hydrogène vert en Algérie pour l’approvisionnement du marché européen. Il repose sur l’exploitation du vaste potentiel algérien en énergies renouvelables pour produire un hydrogène vert destiné à alimenter le marché européen via le second projet le SoutH2, un corridor de gazoducs dédié à l’hydrogène de 3 300 km.
Ce dernier a été reconnu par la Commission européenne comme projet d’intérêt commun. Il est porté conjointement par plusieurs sociétés énergétiques d’Algérie et d’Europe. Le passage à l’hydrogène pourrait offrir de nouvelles opportunités aux énergies renouvelables. C’est à travers cette ressource que les moyens de transport et les procédés industriels peuvent être décarbonés.
S. Smati
