Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présenté, jeudi dernier, lors d’une séance plénière au Parlement, les modalités d’importation de nouveaux bus destinés au renouvellement du parc de transport public à l’échelle nationale.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la décision prise par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à moderniser les infrastructures de transport et à améliorer la mobilité des citoyens à travers le pays.
Cette opération intervient dans un contexte marqué par un parc de transport public vieillissant, insuffisant et souvent inadapté à l’évolution des besoins de la population, notamment dans les grandes agglomérations et les zones éloignées. À travers cette initiative, les pouvoirs publics entendent répondre aux défis liés à la mobilité urbaine et au développement durable.
Les spécificités régionales prises en compte
Selon les précisions apportées par le ministre, les bus importés seront de différentes tailles et capacités afin de répondre aux besoins spécifiques des régions. Des bus d’une capacité pouvant atteindre 100 passagers seront affectés aux grandes villes telles que Alger, Oran, Constantine et Annaba, où la forte densité urbaine nécessite des moyens de transport capables d’absorber un flux important de voyageurs.
Parallèlement, des bus de plus petite capacité, pouvant transporter jusqu’à 24 passagers, seront destinés aux régions montagneuses et aux Hauts-Plateaux, notamment Bejaïa, Bouira et Skikda, où la configuration du réseau routier rend difficile la circulation de véhicules de grande taille. Cette approche vise à assurer une desserte plus efficace et adaptée aux contraintes locales.
Le programme prévoit également le renforcement du transport public dans les régions du Sud, où les infrastructures et les services de mobilité demeurent limités. L’objectif est d’améliorer l’accessibilité et de réduire les disparités territoriales en matière de transport.
Une mise en œuvre progressive
La distribution des nouveaux bus devrait débuter dans les prochains jours, avec une priorité accordée aux grandes wilayas, notamment Alger, Oran, Constantine, Annaba et Sétif. Les autorités ambitionnent de couvrir entre 50 et 60% des wilayas d’ici à la fin du mois de mars. Cette démarche progressive vise à garantir une transition rapide vers un système de transport public plus moderne et plus performant.
Dans ce cadre, l’Établissement public de transport urbain et suburbain d’Alger (ETUSA) sera renforcé afin d’assurer une gestion efficace de la nouvelle flotte. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse, d’une maintenance régulière des véhicules et de la mise en place de programmes de formation adaptés au profit du personnel chargé de l’exploitation.
Impact sur la mobilité et la sécurité
La mise en service de ces nouveaux bus devrait contribuer à améliorer sensiblement la qualité de vie des citoyens, notamment en réduisant la congestion dans les grandes villes et en offrant une alternative plus écologique à l’utilisation des véhicules particuliers. Le développement du transport collectif devrait également participer à la réduction des risques d’accidents de la route.
La question de la sécurité revêt une importance particulière à la suite de l’accident tragique survenu récemment à Oued El Harrach, qui a causé plusieurs victimes. Cet événement met en évidence l’urgence de moderniser le parc de transport et de remplacer les véhicules vieillissants par des moyens de transport plus sûrs et plus fiables.
Dans les zones rurales, montagneuses et dans le sud du pays, l’introduction de ces nouveaux bus devrait également améliorer de manière significative la mobilité des populations et faciliter leurs déplacements au quotidien.
À travers ce programme de renouvellement du parc de transport, les autorités entendent franchir une étape importante dans la modernisation du secteur. Cette réforme vise à garantir un service de transport public plus efficace, plus sûr et mieux adapté aux exigences du développement économique et social du pays.
K. Zemmouri
