L’Algérie demeure méconnue sur le plan touristique. Pourtant, elle renferme des sites remarquables qui témoignent de la richesse historique, culturelle et naturelle du pays. Des paysages à couper le souffle, enviés par une grande majorité de pays, font de l’Algérie une destination d’exception.
Le pays offre une diversité géographique exceptionnelle, permettant de passer de la Méditerranée aux sommets montagneux, puis aux vastes dunes du Sahara. Son littoral, qui s’étend sur plus de 1 200 km, offre une grande variété de plages de sable fin et de criques rocheuses. Les chaînes montagneuses présentent un contraste saisissant avec la mer et sont idéales pour la randonnée, la découverte des villages traditionnels et le tourisme de nature.
Un potentiel encore largement sous-exploité
Longtemps sous-estimé ou délaissé, ce secteur à forte valeur ajoutée est aujourd’hui au centre de l’intérêt des plus hautes autorités du pays. En effet, son rendement demeure très faible par rapport au potentiel dont il dispose. Les experts estiment que le tourisme contribue actuellement à hauteur de 3% du produit intérieur brut (PIB), un niveau bien inférieur à ses immenses capacités.
En 2025, le pays a accueilli environ 3,5 millions de touristes, dont près de 1,5 million dans le cadre du tourisme saharien, pour des recettes ne dépassant pas les 200 millions de dollars. Le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre 8 millions de visiteurs d’ici à 2028, ce qui devrait porter la contribution du secteur à près de 10 % du PIB.
Jusque-là, ce secteur à fort potentiel économique n’avait pas bénéficié de toute l’attention de l’État, étant considéré comme non prioritaire dans le développement du pays. D’autres secteurs avaient été privilégiés afin de combler les retards accumulés depuis plus de deux décennies. Cette fois, la donne a changé. Le tourisme est désormais considéré comme l’un des principaux relais de croissance de l’économie nationale.
Une feuille de route ambitieuse
Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tracé«une feuille de route ambitieuse» pour le développement du tourisme. Il a chargé le ministre du Tourisme d’élaborer un «plan d’action complet et efficace». L’objectif est clair : faire de l’Algérie une destination touristique de premier plan. Ce plan vise également à promouvoir le tourisme intérieur au profit des familles algériennes.
Pour développer cette industrie, le gouvernement a fixé des objectifs ambitieux consistant à tripler le nombre de visiteurs afin d’atteindre 8 millions de touristes à l’horizon 2029. À terme, l’ambition est de porter la contribution du tourisme à près de 10% du PIB. Ces objectifs s’accompagnent d’investissements massifs, notamment dans les infrastructures hôtelières et touristiques, pour un montant dépassant 257,5 milliards de dinars.
Lever les obstacles à l’investissement
Pour y parvenir, il est indispensable de réduire les délais administratifs, de faciliter l’accès au foncier et au crédit et de garantir un climat des affaires stable et prévisible. Ces conditions sont essentielles pour transformer les réformes en projets concrets, créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. La levée des goulots d’étranglement institutionnels est ainsi considérée comme le moyen le plus rapide d’insuffler une nouvelle dynamique au développement des entreprises du secteur.
Cette nouvelle feuille de route intervient alors que l’État a déjà engagé une série de réformes destinées à lever les obstacles qui freinent, depuis des années, le développement du tourisme. La mesure la plus emblématique reste l’instauration du visa à l’arrivée dans les aéroports du Grand Sud pour les touristes étrangers voyageant par l’intermédiaire d’agences de voyages agréées. Parallèlement, les dessertes aériennes nationales et internationales se renforcent, améliorant ainsi l’accessibilité de ces régions.
Miser sur les atouts du Grand Sud
Cette stratégie vise à faire de l’Algérie une destination touristique majeure en Méditerranée et en Afrique. Le pays regorge de trésors inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Du charme méditerranéen de son littoral aux immensités sahariennes, en passant par ses cités millénaires, l’Algérie offre une diversité patrimoniale et naturelle remarquable.
Le Grand-Sud algérien est considéré comme l’un des plus beaux déserts du monde. Les régions de Timimoun, Taghit, Djanet et Tamanrasset attirent les voyageurs en quête d’immensité, de peintures rupestres et de découvertes de la culture touarègue.
Enfin, le gouvernement prévoit, dans son plan de développement, de répondre à une demande estimée à près de 11 millions de touristes, nationaux et étrangers, à l’horizon 2030. Ce chiffre devrait progresser pour atteindre 14 millions de visiteurs en 2035, soit une augmentation de plus de 3 millions de touristes tous les cinq ans.
H.A.
