Avec une dette publique représentant environ 48,5 % du PIB en 2024, l’Algérie se situe largement sous le seuil critique de 60-70%, admis pour les économies émergentes.
Malgré l’ampleur du déficit budgétaire, la dette publique algérienne n’a augmenté que modérément. Dans son rapport sur la situation économique algérienne printemps 2025, publié mardi, la Banque mondiale a indiqué que le ratio de la dette publique a légèrement augmenté pour atteindre 48,5% du PIB à la fin de 2024, contre 47,7 % à la fin de 2023. La dette publique ne semble pas avoir été fortement impacté par le déficit budgétaire qui selon la BM, s’est creusé, atteignant 13,9% du PIB en 2024, soit son niveau le plus élevé depuis 2015.
En 2022 et 2023, la forte augmentation des dépenses publiques (63,3 % entre 2021 et 2023) a été financée par l’augmentation des recettes d’hydrocarbures, et le déficit budgétaire s’est réduit à 3,0 % et 5,5 % du PIB. En 2024, la hausse continue des dépenses publiques (+9,0 %) a été renforcée par la chute des recettes des hydrocarbures (–31,1 %). Dans son analyse, la BM a souligné que les dépenses, en particulier les dépenses salariales et d’investissement, ont continué à un rythme soutenu. D’une part, la masse salariale a augmenté de 9,4 pour cent, en raison notamment de la dernière tranche du programme triennal d’augmentation des salaires dans la fonction publique. D’autre part, l’augmentation sensible de l’investissement est liée à la poursuite des projets en cours et au démarrage de nouveaux projets, notamment dans le secteur du logement. Dans ces révisions pour 2025, la BM prévoit un déficit budgétaire atteignant 14,5 % du PIB, avant de se résorber, la baisse des recettes d’hydrocarbures étant amortie par la rationalisation des dépenses.
La résilience de la dette publique face au déficit budgétaire s’explique selon le rapport par l’utilisation du reliquat du Fonds de Régulation des Recettes (FRR), à hauteur de 19,9 milliards USD (soit 7,4 % du PIB) qui a assuré la majorité du financement du déficit. A travers ses chiffres et son analyse, la BM relève l’évolution positive de l’économie algérienne, marquée par une amélioration des finances publiques, une reprise des investissements et un climat d’affaires en nette amélioration. Autre indicateur important, l’absence totale de dette extérieure.
Une stratégie payante
Depuis 2020, le gouvernement a entrepris plusieurs réformes pour stimuler les investissements étrangers et nationaux, en promulguant une nouvelle loi sur les hydrocarbures, en adoptant une nouvelle loi sur l’investissement et en introduisant une nouvelle législation sur la monnaie et le crédit. Parallèlement, les différents plans d’action gouvernementaux ont fait de la transition vers un modèle de croissance axé sur la diversification économique une priorité stratégique. Par ailleurs, cette stratégie se base également sur la rationalisation des dépenses publiques, la réduction des importations, la stimulation des exportations hors hydrocarbures et des réformes profondes de l’environnement des affaires, incluant la réforme des banques publiques et des entreprises publiques. Cette stratégie a permis au pays de réaliser des progrès notables en matière de développement économique et humain et d’être réintégrée dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure selon la classification des revenus des pays de la Banque mondiale. En 2024, l’Algérie a, par ailleurs, dégagé un excédent commercial de 253,7 milliards de dinars.
Ce niveau reste positif, bien qu’il marque un net repli par rapport à l’année précédente, où le solde atteignait 1674,5 milliards de dinars. Certes l’excédent s’est réduit mais il maintien compte dans le vert. L’excédent de 2024, bien que diminué, reste un marqueur de stabilité.
Saïd S.
