Alger abritera la prochaine réunion ministérielle du mécanisme tripartite des pays voisins concernant la crise en Libye.
Les ministres des Affaires étrangères d’Algérie, d’Égypte et de Tunisie ont appelé toutes les parties libyennes à faire preuve de la plus grande retenue, à mettre un terme immédiat à toute escalade et à accorder la priorité à la sécurité et au bien-être du peuple libyen.
Un appel lancé, hier, à l’issue de la réunion ministérielle du mécanisme tripartite des pays voisins concernant la crise en Libye, dans une déclaration commune qui se veut une feuille de route pour une solution politique inter-libyenne. Cette initiative vise à mettre fin à la division politique persistante qui secoue la Libye depuis 2011. Une réunion à laquelle a pris part le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, aux côtés de ses homologues égyptien, Badr Abdelatty, et tunisien, Mohamed Ali Nafti. Une réunion marquée, d’une part, par la réactivation du mécanisme consultatif tripartite, qui ne s’est pas réuni depuis 2019, et, d’autre part, consacrée à l’examen des derniers développements en Libye et les efforts déployés par les pays voisins à savoir la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie, ainsi que la Mission des Nations unies en Libye (MINUL), pour continuer à soutenir et à encourager le dialogue libyo-libyen.
Dans leur déclaration finale, les trois ministres ont réaffirmé l’importance de préserver les intérêts du peuple libyen, de protéger les ressources et les richesses du pays et de favoriser un consensus entre toutes les factions libyennes. Ce processus, ont-ils souligné, doit se dérouler sous l’égide des Nations unies, avec le soutien des États voisins de la Libye, afin de mettre fin à la division et de progresser vers l’unification des institutions étatiques et l’organisation d’élections présidentielle et législatives simultanées.
Ils ont appelé au maintien de la paix, à la renonciation à la violence et à la défense de l’intérêt national de la Libye avant tout. Ils ont affirmé leur volonté de continuer à travailler avec les partenaires régionaux et internationaux pour fournir une assistance et toutes les formes d’appui à la Libye et d’œuvrer à la sécurité de sa population.
Une solution libo-libyenne
La déclaration finale a, en outre, mis l’accent sur l’urgence de résoudre la crise libyenne et de mettre fin à la fragmentation politique pour éviter une escalade, la propagation de la violence et du terrorisme, ainsi que l’aggravation des conflits internes, insistant sur le fait que la sécurité de la Libye fait partie intégrante de celle des pays voisins.
Aussi, ont-ils réaffirmé la nécessité pour les Libyens de se réapproprier le processus politique, relevant que la solution ne peut-être que libo-libyenne, et devant découler d’un dialogue national inclusif reflétant la volonté et le consensus de toutes les composantes de la société libyenne. Comme, ils ont insisté sur l’importance de poursuivre ce processus sans exclusion, avec le soutien de la communauté internationale, notamment des Nations unies.
Rejet de toute ingérence
Les ministres, dans leur déclaration finale, ont réitéré leur rejet de toutes les formes d’ingérence en Libye, notant que de telles actions ne font qu’approfondir les divisions internes et prolonger la crise, compromettant ainsi la sécurité et la stabilité de la Libye et de toute la région. Néanmoins, ils ont souligné la nécessité de continuer à soutenir les efforts du Comité de défense mixte (5 et 5) pour consolider le cessez-le-feu existant, assurer le retrait de toutes les forces étrangères, des combattants étrangers et des mercenaires dans un délai précis et de réunifier les institutions militaires et de sécurité, en pleine harmonie avec les efforts en cours dans les cadres des Nations unies, africain, arabe et méditerranéen.
Enfin, les ministres ont convenu de poursuivre la coordination entre les trois pays et l’ONU afin d’évaluer la situation en Libye et d’échanger des vues sur l’avenir de la scène politique libyenne et sur les moyens de coopérer pour parvenir à la sécurité, à la stabilité et au développement dans la région.
Le communiqué conclut en soulignant la nécessité de tenir des réunions périodiques du mécanisme tripartite des pays voisins. La prochaine réunion ministérielle devant se tenir en Algérie, suivie d’une autre en Tunisie, avant la fin de l’année en cours.
Synthèse Badis B.
