Les mesures sociales, les augmentations salariales et les subventions aux produits de première nécessité ont été saluées par les députés. Les débats ont également mis en évidence les préoccupations liées à l’efficacité de la dépense publique, aux retards des projets d’infrastructures et à la diversification économique.
Le projet de loi de finances (PLF) 2027 a suscité, lundi, à l’Assemblée populaire nationale (APN), des réactions globalement favorables aux mesures visant à préserver le pouvoir d’achat et à consolider le caractère social de l’État. Présenté en séance plénière par le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebou, le texte a, toutefois, donné lieu à plusieurs observations sur la gestion des investissements publics et l’efficacité des dépenses de l’État.
Les députés ont notamment salué les augmentations salariales, le maintien des subventions aux produits de large consommation et les crédits consacrés aux transferts sociaux, considérés comme des leviers essentiels pour soutenir les ménages face à la hausse du coût de la vie.
Mesures sociales saluées et attentes économiques
Au nom du Rassemblement national démocratique (RND), Siham Regaâ a estimé que le projet de loi confirmait l’attachement de l’État à sa vocation sociale, à travers les dispositions destinées à protéger le pouvoir d’achat et à améliorer les revenus. Elle a plaidé pour une accélération de la numérisation des services publics et un soutien accru aux secteurs productifs, aux entreprises émergentes et aux PME.
De son côté, IbtissamMustafaoui, du Front El Moustakbal, a mis en avant les mesures de soutien au pouvoir d’achat et à l’investissement national et étranger. Elle a notamment insisté sur la nécessité de renforcer le rôle du guichet unique et de lutter contre les lourdeurs bureaucratiques. Elle a également salué les augmentations salariales, les crédits destinés aux produits de large consommation et les transferts sociaux en faveur des catégories aux revenus modestes et moyens.
Pour AbderrazakBousta, du Mouvement de la société pour la paix (MSP), l’absence de nouvelles taxes dans le projet constitue un signal positif pour les ménages. Il a néanmoins appelé à accélérer la diversification de l’économie nationale afin de réduire sa dépendance aux hydrocarbures et de favoriser la création de richesse.
D’autres interventions ont porté sur l’encadrement des avantages fiscaux accordés aux investisseurs, dont l’octroi devrait, selon les députés, tenir compte de leur activité réelle, de leur contribution à la production et des emplois créés. Ils ont également appelé à veiller à ce que les allègements fiscaux consentis sur les intrants agricoles se traduisent effectivement par une baisse des prix des produits commercialisés.
La dépense publique et le suivi des projets en question
Au-delà des mesures sociales, la question de l’efficacité des investissements publics a occupé une place importante dans les débats. Le député Hadj Hani Ibrahim a plaidé pour une gestion davantage axée sur les résultats, accompagnée d’un suivi rigoureux et d’une évaluation régulière des projets financés par l’État.
Il a cité, à titre d’exemple, deux infrastructures sanitaires dans la wilaya de Chlef : le centre de traitement du cancer, dont les travaux ont débuté en 2014, et l’hôpital mère-enfant. Selon lui, malgré l’achèvement des travaux et l’installation des équipements, ces deux structures ne sont toujours pas opérationnelles en raison de difficultés liées à leur mise en service.
Le député a dénoncé les conséquences financières de ces retards, mais aussi leur impact sur l’accès des citoyens aux soins. Il a appelé à renforcer le contrôle des projets, à mieux définir les responsabilités et à améliorer l’encadrement des bureaux d’études, notamment en matière d’évaluation des coûts et des besoins techniques.
Sur le volet social, il a estimé que les augmentations salariales devaient s’accompagner de mesures concrètes pour contenir la hausse des prix. Il a notamment attiré l’attention sur les coûts pratiqués dans certains marchés de gros de produits agricoles et les charges de transport, qui pèsent sur les prix à la consommation.
Il a ainsi préconisé un meilleur encadrement des marchés de gros et une maîtrise des coûts de distribution afin de limiter leur répercussion sur les consommateurs.
I. Khermane
