Entre justice et diplomatie, l’actualité mondiale oscille : Sarkozy se pose en martyr, Trump en faiseur de paix, pendant que l’Europe s’interroge, la Suède s’arme et Londres s’embrase. La scène internationale se réécrit sous tension.
Sarkozy, la croix et la colère : « On n’est pas humilié par l’injustice, on la combat »
Dans un entretien exclusif accordé au Journal du Dimanche (édition du 12 octobre 2025), Nicolas Sarkozy, tout juste condamné à une peine de prison dans l’affaire dite “des écoutes”, livre un message empreint de défi et de détermination. L’ancien président refuse toute humiliation et se dit prêt à livrer “la bataille de sa vie” pour faire reconnaître son innocence. Entouré de ses soutiens lors d’une réunion aux Pavillons des Étangs à Paris, il a affiché une combativité intacte, malgré la perspective d’une incarcération.
“On n’est pas humilié par l’injustice, on la combat”, a-t-il lancé devant une salle conquise, rappelant que “dans la vie, on ne choisit pas les bons côtés contre les mauvais”. Pour lui, cette condamnation n’est pas seulement une épreuve personnelle mais un combat de principe : “Quand il y a une croix à porter, il faut la porter jusqu’au bout.” Sarkozy revendique sa droiture et dit refuser la victimisation. L’homme de l’Élysée, qui fut au centre du pouvoir, s’avance désormais en soldat solitaire, dénonçant une justice “dévoyée par la présomption de culpabilité”.
Le JDD décrit une scène quasi liturgique : militants et anciens ministres, émus, applaudissent celui qu’ils considèrent encore comme leur chef. Son épouse, Carla Bruni, et leur fille Giulia incarnent le versant intime de cette épreuve : “Tu es une Sarkozy”, lui aurait-il dit, bouleversé, pour lui apprendre à faire face à l’adversité. Ce moment de transmission familiale prend la valeur d’un symbole : la résistance comme héritage.
Depuis la sentence, Nicolas Sarkozy reçoit une avalanche de soutiens – lettres, appels, messages publics. Dans les mots de ses proches, une constante : “Tiens bon, ne plie jamais.” Calme mais ferme, l’ancien président français s’efforce de transformer sa condamnation en croisade morale, au nom d’une France “qui ne renonce pas à la justice véritable”. Il évoque “la fierté d’un combat juste” et se dit prêt à aller “jusqu’au bout du bout”.
Pour Le Journal du Dimanche, cette séquence sonne comme un tournant : l’homme blessé se mue en symbole d’une droite meurtrie mais soudée. Sarkozy, fidèle à son style de tribun et à son goût pour la dramaturgie politique, reconstruit son image sur la résilience et la loyauté. “Je ne suis pas un homme qui plie, je suis un homme qui tient”, résume-t-il.
En filigrane, cette interview dépasse le seul cadre judiciaire : elle marque la tentative d’un retour politique, une réhabilitation par la parole.
Dans une époque de désenchantement, Sarkozy réactive le mythe de la lutte contre l’injustice. Non plus comme chef d’État, mais comme témoin d’une France qu’il veut encore incarner.
Trump impose la paix, Macron fragilise la République française
Dans ses pages internationales et politiques du Journal du Dimanche du 12 octobre 2025, deux mondes s’opposent : celui d’un Donald Trump revenu en maître de la diplomatie, et celui d’une France en panne d’institutions sous la présidence d’Emmanuel Macron.
À Washington, l’ancien président américain orchestre un cessez-le-feu historique entre l’entité et le Hamas. Le JDD souligne l’ampleur de l’accord : libération de 250 prisonniers palestiniens et de tous les otages sionistes détenus à Ghaza. Trump, entouré de son gendre Jared Kushner et de l’émissaire Steve Witkoff, réussit là où la diplomatie classique avait échoué. L’administration Biden, effacée, assiste à une démonstration d’autorité : l’homme du “deal” reprend la main sur le Moyen-Orient. La signature officielle du cessez-le-feu, prévue jeudi au Caire, scelle la première grande victoire de l’ère post-Biden, ouvrant la voie à une paix pragmatique soutenue par l’Égypte. En arrière-plan, la diplomatie américaine renoue avec la méthode transactionnelle trumpienne : “des résultats, pas des discours”.
Mais pendant que Trump impose sa logique de puissance, la France s’enlise. Dans un long entretien au Journal du Dimanche, le philosophe Pierre-Henri Tavoillot dénonce un président qui “a affaibli nos institutions”. Selon lui, Emmanuel Macron a brisé l’équilibre de la Ve République en personnalisant le pouvoir et en réduisant la confiance démocratique. Loin d’être une crise de régime, il s’agirait d’une crise de sens : le lien entre peuple et institutions se délite. Tavoillot met en garde contre la tentation d’une VIe République qu’il juge “périlleuse”, et préconise plutôt des consultations populaires pour restaurer la légitimité du système.
En miroir de cette fragilité politique, la chronique économique du JDD tire la sonnette d’alarme : la dette française dérive, et “les politiques font tout pour faire venir le FMI en France”, selon Agnès Verdier-Molinié. En refusant de réduire les dépenses, Paris risquerait une mise sous tutelle financière, symptôme d’une République à bout de souffle.
Ainsi, ce numéro du Journal du Dimanche dresse un double constat : Trump réaffirme l’autorité du pouvoir fort tandis que Macron en incarne l’érosion. Entre diplomatie triomphante et institutions fragilisées, l’Occident semble osciller entre deux modèles — l’efficacité autoritaire et la crise démocratique.
Suède : La neutralité armée de la peur
Pandémies, dérèglement climatique, guerre en Ukraine, menace d’invasion : le sentiment d’insécurité gagne la Suède, selon la revue Society. Après deux siècles de neutralité, le pays redécouvre la logique de défense. Depuis 2018, le gouvernement a distribué à chaque foyer une brochure intitulée “En cas de crise ou de guerre”, listant conseils pratiques et check-list de survie domestique. L’adhésion récente à l’OTAN a ravivé cette conscience stratégique : les Suédois s’inscrivent désormais massivement à des stages d’autonomie et de préparation civile.
Dans le sud du pays, la folkhögskola de Höör — une université populaire subventionnée — forme jeunes adultes et retraités aux gestes de premiers secours, à la permaculture et à la gestion des crises. Ces formations s’inscrivent dans le mouvement Beredskap (“préparation”), reflet d’un climat anxieux où l’État encourage la vigilance collective. À Örebro, la Svenska Överlevnadssällskapet (Guilde suédoise de survie), fondée en 1982 par d’anciens militaires, regroupe plus de 150 membres actifs et anime des sessions de survie ouvertes à tous.
Sous des dehors de scoutisme civique, ces initiatives traduisent un basculement culturel : la sécurité nationale n’est plus une affaire d’armée, mais de société tout entière. La Suède, longtemps modèle d’insouciance pacifique, entre dans l’ère du «chacun prêt pour le pire».
«Salah Hammouri, prisonnier de l’occupation : L’entité sioniste, la France et le colonialisme carcéral»
Dans un entretien publié par Politis, l’avocat franco-palestinien Salah Hammouri livre un témoignage d’une rare intensité sur la politique d’emprisonnement systématique menée par l’entité sioniste contre les Palestiniens depuis 1967. Lui-même arrêté à plusieurs reprises depuis l’âge de 16 ans, il décrit un système de détention arbitraire visant à «contrôler la société palestinienne et maintenir l’ordre colonial». Hammouri, déporté en France en 2022, raconte comment chaque arrestation sioniste s’accompagne d’humiliations, d’interrogatoires sans avocat, et d’un régime d’isolement destiné à briser toute résistance morale et politique.
Selon Politis, plus de 1,3 million de Palestiniens ont été incarcérés depuis 1967, dont près de 30% sous détention administrative — sans accusation ni jugement. Hammouri évoque les prisons comme «des prolongements du colonialisme», où la lutte continue à travers la solidarité entre détenus, les grèves de la faim et l’organisation clandestine. Il dénonce également la collaboration tacite entre l’État français et le système sioniste : Paris, selon lui, s’est inspirée des pratiques de l’entité sioniste en matière carcérale et continue de couvrir les exactions de son allié, notamment depuis l’offensive de Ghaza.
L’article souligne le lien entre l’expérience carcérale palestinienne et la guerre actuelle à Ghaza : 67 139 morts, dont 18 430 enfants, selon les chiffres publiés par Politis. 92% des logements y sont détruits ou endommagés, 64% des services de santé hors service, et 39% de la population passe plusieurs jours sans nourriture. Hammouri voit dans cette stratégie de destruction et de privation un prolongement du même mécanisme d’occupation : anéantir la résistance par la faim, la peur et la captivité.
Politis met en lumière la continuité d’un système colonial soutenu par les puissances occidentales, où l’enfermement devient un instrument politique.
Pour Hammouri, «Israël et la France ont toujours collaboré» — et la résistance palestinienne, même derrière les barreaux, demeure un acte de survie et de dignité.
