Le ministère de l’Intérieur s’apprête à enclencher un nouveau mouvement dans le corps des walis, le second en l’espace de quelques semaines seulement. L’opération intervient alors que les services du ministère ont entamé l’étude des dossiers de plusieurs cadres pressentis pour occuper les postes de walis délégués , après l’approbation au Conseil des ministres de la promotion de onze circonscriptions administratives, dans les Hauts Plateaux et le Sud, en wilayas à part entière.
Selon des sources concordantes, l’annonce de la liste finale des responsables appelés à conduire ces nouvelles entités administratives devrait intervenir « très prochainement», en parallèle avec les procédures législatives et administratives encadrant l’entrée en vigueur de ces wilayas. Le mouvement attendu portera sur la nomination de 11 walis à la tête d’autant de nouvelles circonscriptions. Il s’agit d’Aflou, de Barika, de Ksar Chellala, de Messaad, d’Aïn Oussara, de Bou Saâda, d’El Abiodh Sidi Cheikh, d’El Kantara, de Bir El Ater, de Ksar El Boukhari et d’El Aricha,
Un processus engagé depuis 2021
Depuis 2021, le chef de l’État a enclenché un vaste processus de reconfiguration territoriale. Dix circonscriptions du Sud avaient été promues au rang de wilayas dès février 2021, suivies en décembre 2024 de la promotion de trois daïras et d’une commune en circonscriptions administratives dirigées par des walis délégués.
Ces transformations ont permis un bond notable dans les infrastructures et l’aménagement urbain du Sud. Toutefois, certaines insuffisances – manque de représentation locale de services de l’État ou regroupements administratifs peu efficaces – ont limité les résultats escomptés. Le passage à des conseils de wilayas pleinement consolidés est désormais perçu comme un impératif pour surmonter ces obstacles.
La course aux législatives
Par ailleurs, et à quelques mois des élections législatives prévues au printemps prochain, les partis politiques multiplient les manœuvres pour affûter leurs stratégies et renforcer leurs listes. Selon des sources concordantes, plusieurs formations ont déjà engagé des discussions avec des personnalités politiques indépendantes, des universitaires, ainsi qu’avec des figures médiatiques et intellectuelles en vue de les intégrer à leurs listes de candidatures.
Cette effervescence traduit l’entrée du pays dans une phase cruciale avant un scrutin qui renouvellera la composante de l’Assemblée populaire nationale. Les partis, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, tentent d’occuper les devant de la scène comme l’atteste le regain d’activité politique. Ce qui laisse présager une compétition serrée.
Recomposition des forces
Les prochaines législatives s’annoncent plus ouvertes que celles de 2021, notamment avec le retour du Parti des Travailleurs, conduit par Louisa Hanoune, qui a confirmé, récemment, sa participation, ainsi du Front des Forces Socialistes. Des retours à même de redynamiser le débat politique, au regard du poids historique de ces deux partis.
Concernant les partis dits de la majorité présidentielle, les quatre partis, FLN, RND, Mouvement El-Bina, et Front El Moustakbal, ont tenu, récemment, une réunion de coordination. Tout en réaffirmant leur soutien au bilan des six dernières années du programme présidentiel, ils annoncent une stratégie concertée en prévision des législatives, ainsi que des élections locales de 2026. Cette entente devrait leur permettre de présenter un front politique uni et un discours axé sur la stabilité.
Des enjeux déterminants
Ces préparatifs se déroulent dans un contexte régional et international particulier, marqué par l’instabilité au Sahel, la crise libyenne et les répercussions des tensions mondiales. Autant d’éléments devant conférer au prochain Parlement un rôle stratégique dans l’accompagnement de la diplomatie et des orientations de l’État.
Au plan interne, les élections interviennent au moment où l’économie nationale connaît une reprise notable. Dans ce climat, les prochaines législatives constituent un test politique majeur pour les partis, appelés à proposer des alternatives crédibles face aux attentes sociales, mais aussi pour les nouvelles élites et les candidats indépendants, notamment parmi les jeunes. En somme, le compte à rebours est désormais lancé.
R.N.
