La conférence sur la Palestine à l’ONU défend une solution à deux États pour sortir de la guerre.
Plusieurs pays ont lancé mardi l’«appel de New York», dans lequel ils demandent un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Ghaza et réaffirment leur engagement en faveur d’une solution à deux États. Cet appel a été rendu public à l’issue d’une conférence ministérielle tenue les 28 et 29 juillet, à l’initiative conjointe de la France et de l’Arabie saoudite.
L’«appel de New York» demande la fin de la guerre à Ghaza pour permettre une «résolution juste, pacifique et durable du conflit sionisto-palestinien, fondée sur la mise en œuvre de la solution à deux États». Les signataires ont invité tous les pays à les rejoindre et à reconnaître l’État de Palestine avant la tenue de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre.
Parmi les 125 pays représentés à la conférence, quinze ont signé cet appel, dont trois membres du G20 : la France, le Canada et l’Australie. Neuf États membres de l’Union européenne figurent également parmi les signataires. Cinq d’entre eux reconnaissent déjà la Palestine, tandis que quatre autres — la Finlande, la France, le Luxembourg et le Portugal — devraient franchir le pas en septembre.
Le Royaume-Uni ne s’est pas joint à l’appel lancé par les quinze ministres des Affaires étrangères, mais n’exclut pas de reconnaître prochainement l’État de Palestine. La veille de l’annonce, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait déclaré que le Royaume-Uni était désormais prêt à reconnaître la Palestine, évoquant les souffrances à Ghaza et soulignant que la perspective d’une solution à deux États était gravement menacée. Il a précisé que cette reconnaissance pourrait intervenir à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU, sauf si l’entité sioniste prenait rapidement des mesures concrètes pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire à Ghaza, garantissait l’absence d’annexion de la Cisjordanie et s’engageait dans un véritable processus de paix.
À ce jour, près de 150 pays reconnaissent l’État de Palestine, dont des puissances comme la Chine, l’Inde et la Russie. En mai 2024, l’Irlande, l’Espagne et la Norvège, suivies en juin par la Slovénie, ont officialisé cette reconnaissance. Le Mexique l’avait fait dès le début de l’année.
Cependant, l’État de Palestine ne siège toujours à l’ONU qu’en tant que membre observateur, faute d’un vote favorable du Conseil de sécurité. En janvier dernier, l’Algérie a été le seul pays à soumettre officiellement une demande d’adhésion pleine et entière pour la Palestine au Conseil de sécurité — une initiative soutenue par une majorité écrasante de ses membres. Le délégué algérien l’a rappelé lors de la conférence de New York :
«Comment parler d’État alors que Ghaza est détruite, que Ghaza brûle, que Ghaza est affamée ? Comment parler d’édification de l’État pendant que la Cisjordanie saigne ?»
Pour l’Algérie, la réponse à l’oppression et à l’occupation ne peut être ni la retraite, ni le désespoir, ni le silence, mais bien la détermination, la résilience et la volonté. Le représentant algérien a martelé que le peuple palestinien a un droit légitime à un État indépendant et souverain.
«Nous ne cessons d’appeler à l’action», a-t-il insisté, en demandant un renforcement de la dynamique en faveur de la solution à deux États. Et comme première étape, a-t-il conclu, il faut accorder à la Palestine le statut d’État membre à part entière au sein de l’ONU.
Saïd S.
