Selon Abdelhak Saihi, cette évolution technologique doit contribuer à préserver les droits des travailleurs et des employeurs tout en améliorant les conditions de travail.
L’Algérie a réaffirmé son engagement en faveur d’un développement technologique centré sur l’humain lors de la 114e session de la Conférence internationale du travail (CIT), qui se tient actuellement à Genève.
Intervenant, hier, devant les participants à cette rencontre mondiale organisée sous l’égide de l’Organisation internationale du travail (OIT), le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a mis en avant la vision algérienne concernant les mutations technologiques et l’intelligence artificielle (IA).
Dans son allocution, le ministre a souligné que la transformation technologique constitue un levier majeur de renouvellement du marché du travail. Toutefois, il a insisté sur le fait que la diffusion rapide de l’intelligence artificielle et ses impacts croissants imposent une réflexion approfondie sur les mécanismes de gouvernance de cette technologie.
«Le développement du marché du travail doit être centré sur l’humain et faire de l’homme le cœur de toute transformation», a affirmé Saihi, estimant que les progrès technologiques doivent avant tout servir le bien-être social et l’amélioration des conditions de travail.
Le ministre a rappelé que l’Algérie a fait de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle un choix stratégique visant à bâtir une économie fondée sur la connaissance, moderniser les services publics et promouvoir l’inclusion sociale. Dans ce contexte, il a évoqué les initiatives nationales engagées, notamment la proclamation de l’année 2023 comme année dédiée à l’intelligence artificielle, ainsi que la création d’un Centre national de l’IA destiné à favoriser la diffusion de cette technologie dans le système éducatif.
Une régulation nécessaire
Abdelhak Saihi a insisté sur la nécessité d’encadrer l’utilisation de l’IA dans le respect des principes et droits fondamentaux du travail, de la dignité humaine et du dialogue social. Selon lui, cette évolution doit contribuer à préserver les droits des travailleurs et des employeurs tout en améliorant les conditions de travail.
Le ministre a mis en avant les réformes engagées par l’Algérie pour consolider le dialogue social et renforcer la sécurité du milieu professionnel, affirmant que l’intelligence artificielle peut devenir un outil au service du développement humain, de la cohésion sociale et de la paix.
Abordant les enjeux internationaux, Saihi a plaidé pour l’élaboration d’une gouvernance mondiale équitable de l’intelligence artificielle, permettant à tous les pays de bénéficier de ses retombées positives. Il a également réitéré la position de l’Algérie en faveur de la protection des droits des travailleurs palestiniens et du peuple palestinien, appelant la communauté internationale à agir pour garantir leurs droits fondamentaux et des conditions de vie décentes.
Renforcement du partenariat algéro-turc
En marge des travaux de la conférence, le ministre du Travail a participé, à l’invitation de son homologue turc Vedat Işıkhan, à une réception organisée au siège de la mission permanente de la Turquie auprès des Nations unies à Genève.
Cette rencontre a permis aux deux responsables d’échanger sur les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun. Les ministres ont salué l’excellence des relations entre l’Algérie et la Turquie et exprimé leur volonté commune de développer davantage ce partenariat au service des intérêts des deux pays.
Ils ont notamment souligné la dynamique positive impulsée par la visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Turquie en mai dernier, laquelle a donné un nouvel élan à la coopération stratégique entre les deux États.
Une coopération accrue avec l’OIT
Par ailleurs, Abdelhak Saihi s’est entretenu avec le directeur général de l’OIT, Gilbert Houngbo, en présence de la directrice régionale de l’organisation pour l’Afrique et d’un conseiller du directeur général.
Lors de cette rencontre, le ministre a mis en avant l’expérience algérienne en matière de dialogue social ainsi que l’expertise développée dans les domaines de la sécurité sociale et de la formation. Il a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à accompagner les pays africains dans le renforcement de leurs capacités institutionnelles, notamment à travers des programmes spécialisés dispensés par l’École supérieure de la sécurité sociale (ESSS).
Le ministre a également proposé la création d’un forum africain consacré à la législation du travail, destiné à favoriser l’échange d’expériences et l’adaptation des cadres juridiques aux mutations socio-économiques que connaît le continent.
De son côté, Gilbert Houngbo a salué les avancées réalisées par l’Algérie dans le domaine de la sécurité sociale et a estimé que l’ESSS dispose du potentiel nécessaire pour devenir un pôle africain de référence en matière de formation spécialisée.
Les deux parties ont convenu de poursuivre le développement de leur coopération dans les domaines de l’emploi, de la formation, de la sécurité sociale, des statistiques du travail et de la législation sociale, dans l’objectif de soutenir le développement socio-économique du continent africain et de promouvoir la coopération Sud-Sud.
I. Khermane
