Après le port de Vigo qui a enregistré un bond spectaculaire dans ses échanges commerciaux avec l’Algérie, c’est au tour du port de Valence de connaître lui aussi un regain d’intérêt spectaculaire, marquant la pleine reprise des relations bilatérales après la crise diplomatique de 2022.
Les échanges commerciaux avec l’Espagne sont revenus à niveau d’avant 2021 qui a atteint 1,888 milliard d’euros. Selon les données établies par l’Autorité portuaire de Valence (APV), et publiées par le quotidien espagnol Levante El Mercantil Valenciano, celles-ci révèlent une croissance fulgurante du trafic avec le port espagnol, désormais un hub essentiel pour le commerce algérien. Les chiffres sont sans appel : en moins d’un an, l’Algérie et le port de Valence ont non seulement comblé le terrain perdu durant la rupture, mais ont établi de nouveaux records. L’augmentation atteint +23,11 % sur la dernière année. L’Algérie se classe désormais à la cinquième place des partenaires de Valence pour ce type de trafic. La croissance est encore plus impressionnante, frôlant les +35 %. L’Algérie grimpe au troisième rang mondial des partenaires du port de Valence en termes de conteneurs, n’étant dépassée que par la Chine et les États-Unis. Le trafic global de marchandises entre les deux parties, qui était de 266 381 tonnes en janvier 2025 a atteint 3,6 millions de tonnes en septembre de la même année, selon la même source. Cette envolée des chiffres confirme la normalisation des liens diplomatiques et commerciaux.
La crise qui s’était déclenchée en mars 2022 suite au changement de position de l’Espagne sur la question du Sahara Occidental a connu une rupture qui avait lourdement impacté les exportations espagnoles vers l’Algérie, chutant de 1,888 milliard d’euros en 2021 à environ 350 millions d’euros en 2023, affectant notamment 1.340 entreprises de la région de Valence. La reprise, intervenue après trois ans, a été immédiate et massive, comme en témoignent les transferts de conteneurs qui sont passés de 18.203 en janvier à 240.407 neuf mois plus tard. Parmi les produits échangés, le gaz naturel maintient son rôle stratégique, l’Algérie étant un fournisseur énergétique majeur pour l’Espagne. Toutefois, d’autres secteurs sont également en forte croissance comme les produits agro-éleveurs et alimentaires, les machines, outils et pièces de rechange et les produits chimiques. Cette diversification et l’importance de l’Algérie dans le classement des partenaires de Valence soulignent le rôle prépondérant de notre pays en tant que plateforme commerciale en Méditerranée et réaffirme la solidité des fondamentaux économiques entre les deux nations.
Un deuxième port espagnol affiche des résultats impressionnants
Un autre port espagnol a également connu une croissance dans ses échanges commerciaux avec l’Algérie. Il s’agit du port de Vigo devenu en l’espace de quelques années le principal port d’exportations de marchandises en direction d’Algérie. Depuis le début de l’année en cours, le port de Vigo a exporté pour 273 millions d’euros de marchandises vers l’Algérie, dont 155 millions en pièces automobiles, devenant ainsi sa première destination commerciale en 2025. Et l’année n’est pas encore achevée. Pour la première fois, l’Algérie s’est hissée au 1er rang des destinations de ses exportations, devant les partenaires européens traditionnels. Selon le quotidien espagnol Atlantico, en 2022, les échanges avec l’Algérie restaient marginaux, avec 198 opérations commerciales pour un montant de 14.500 euros. Deux ans plus tard, ils atteignent 574.000 opérations et 273 millions d’euros entre janvier et juillet 2025. L’automobile concentre l’essentiel de cette croissance, représentant 155 millions d’euros de pièces et composants expédiés depuis Vigo, soit près d’un tiers du total.
Ce basculement s’explique par la montée en puissance de l’industrie automobile et par l’implantation du constructeur Stellantis à Oran. L’automobile concentre l’essentiel de cette croissance, représentant 155 millions d’euros de pièces et composants expédiés depuis Vigo, soit près d’un tiers du total. Traditionnellement tournée vers la pêche et la construction navale, la place portuaire galicienne poursuit ainsi sa mutation industrielle.
Mahmoud Tadjer
