La modernisation de la gestion communale reste tributaire d’une ressource humaine formée, compétente et diversifiée.
Dans son rapport annuel 2025, publié dimanche, la Cour des comptes a accordé un intérêt particulier à la gestion des collectivités locales, notamment dans son volet gestion des ressources humaines.
Au titre de son programme d’activités, la Cour des comptes a mené une opération de contrôle portant sur l’examen de la gestion des ressources humaines en ciblant 25 communes.
Les contrôles ont permis de mettre en exergue les efforts consentis par les pouvoirs publics pour la mise en place des moyens financiers et des outils juridiques et opérationnels de gestion des ressources humaines. Néanmoins, la Cour des comptes a estimé que des progrès restent à réaliser, notamment en matière d’organisation administrative des communes qui n’a pas été actualisée en dépit des nouvelles attributions qui leur sont dévolues, de pourvoi aux postes de responsabilité, de déploiement du personnel et sa formation.
La Cour des comptes a déploré le fait qu’en dépit du poids financier des charges de personnel dans le budget de fonctionnement de la majorité des communes contrôlées, représentant plus de 50%, la fonction de gestion des ressources humaines n’a pas reçu l’intérêt requis.
Les opérations d’intégration des fonctionnaires ont engendré une nouvelle réalité à laquelle, les responsables locaux ne se sont pas encore accommodés. Ces derniers continuent à gérer les ressources humaines selon des modes de gestion qui ne prennent en compte ni l’organisation optimale de l’administration communale, ni le déploiement efficace du personnel.
Le poids des effectifs
Durant la période 2019-2024, les effectifs globaux des communes relevant des wilayas, sous revue, ont connu une évolution considérable. En conséquence, une hausse de la masse salariale dans les communes sous revue.
Au regard de la fragilité financière de la majorité des communes, accentuée par la revalorisation des salaires et la baisse des recettes propres, durant les dernières années, cette situation aura un impact négatif sur la prise en charge des dépenses nécessaires au fonctionnement courant de ces collectivités, notamment les dépenses d’entretien, de maintenance et de réparation.
La formation à recadrer
La Cour des comptes a, également, pointé du doigt la formation qui, selon le rapport, demeure axée essentiellement sur la formation dite « obligatoire », à savoir, la formation préparatoire et la formation complémentaire, alors qu’elle devrait reposer sur une stratégie à même de la rehausser comme vecteur d’amélioration de la qualification du personnel et de perfectionnement de ses compétences.
L’exigence d’une gestion saine et performante
Selon le rapport, tout cela n’a pas été sans conséquences sur l’exercice des attributions communales et sur l’atteinte des objectifs d’une saine gestion, surtout dans le domaine de la commande publique, la gestion du patrimoine, la gestion du contentieux, l’hygiène et la salubrité publique.
Face à ces constats, la Cour des comptes a souligné la nécessité d’une adaptation de l’organisation administrative des communes pour sa mise en adéquation avec les nouvelles prérogatives assignées à ces entités, tout en renforçant la structure et les outils de gestion des ressources humaines.
Elle a, par ailleurs, insisté sur l’exigence d’une gestion saine et performante du personnel communal, de pallier le déficit constaté en matière d’encadrement, notamment dans les emplois et les postes supérieurs et de mettre fin à l’utilisation du personnel en marge du cadre légal.
Saïd S
