Alors qu’il se targue d’être un soutien inconditionnel du programme du président de la République Abdelmadjid Tebboune, le président du mouvement El Bina, multiplie paradoxalement ces derniers temps, ses attaques contre les membres de l’exécutif. S’il est effectivement de son droit et même de son devoir de pointer les insuffisances et le dysfonctionnement dans plusieurs secteurs, constatés même par le chef de l’Etat, c’est la récurrence de ses attaques qui ciblent plus particulièrement le département de l’Agriculture qui intrigue.
Que cherche réellement Bengrina ? Veut-il, lui qui appelle à élaborer une charte pour la mobilisation civile, et à l’approche des échéances électorales, virer dans l’opposition et mettre à profit cette « mobilisation », réclamée par une bonne partie des Algériens dans le jeu électoral ? A quoi obéissent ces attaques ? Des questions qui doivent être posées dans la mesure où, le choix de cibler un département précis, n’est surement pas fortuit. Lors de sa dernière sortie fin aout dernier, à l’occasion de la tenue de l’université d’été de son parti, Abdelkader Bengrina qui s’est auparavant attaqué au même département, a récidivé sans toutefois nommer le ministre en question. Selon lui, un ministre aurait volontairement falsifié les chiffres et les statistiques de son ministère dans le but plaire et de «monter» en grade. Rapportant des ouï-dire, d’un député de son parti, selon lequel « des connaissances» lui auraient affirmé que ce ministre «à l’égo démesuré » avait réuni tous les directeurs de wilayas de son secteur pour «gonfler» les chiffres des acquis du secteur. Ce n’est pas la première fois que Bengrina qui ne dispose apparemment d’aucune preuve, cible le département de l’Agriculture.
En 2022, déjà, il avait réclamé l’ouverture d’une enquête sur les licences accordées pour importer de vaches. « Ils ne veulent pas que l’Algérie atteigne l’auto-suffisance en blé, et si le ministre reste, nous ne pourrons pas maintenir notre sécurité alimentaire », avait il alors accusé lorsque Abdelhafid Henni était à la tête du département. Il avait, lors de la même réunion avec les cadres femmes de son parti pointé également la plus grande entreprise nationale, Sonatrach, tout en reconnaissant que «l’Algérie ne se construira pas avec des règlements de comptes» et en appelant « à la réconciliation dans toutes ses dimensions avec les différentes forces nationales». Mais visiblement c’est lui qui fait dans «le règlement de comptes» en récidivant en 2023, lorsqu’il s’en est pris aux responsables du ministère de l’Agriculture, les qualifiant d’êtres incapables d’assurer la sécurité alimentaire du pays ou de relever le défi de l’autosuffisance. «Les responsables du ministère de l’Agriculture présentent, aux au chef de l’Etat et au Premier ministre, des chiffres et des données erronés qui ne reflètent pas la réalité sur le terrain», avait-il asséné. Etait-il lui aussi dans la logique de vouloir « plaire», en haut lieu puisque le chef de l’Etat avait pointé ces décalages dans les chiffres. Le président Tebboune avait en effet insisté sur ce point lors d’une rencontre avec la presse nationale. «Nous n’avons pas de vrais chiffres», avait-il lancé en évoquant certaines réalités mal appréhendées au sein du secteur agricole national. Il s’agit ainsi, selon le chef de l’Etat, de garantir non seulement «une meilleure visibilité» dans la conduite des politiques publiques, mais aussi de faire valoir une gestion et des «comportements économiques rationnels», en évaluant plus rigoureusement les vrais besoins du pays.
«Pour la première fois, nous ne sommes pas en contradiction avec les évaluations statistiques des institutions internationales, telles que le FMI, la Banque mondiale ou la FAO qui, désormais, corroborent nos chiffres économiques, à l’exemple de ceux relatifs à la croissance, dont le taux de 4,2% est confirmé ainsi comme étant effectif», a néanmoins précisé le président. cela étant dit, Begrina, dispose-t-il de «vrais» chiffres, dans ce cas il fallait les rendre publics où veut-il simplement faire le buzz et attirer l’attention des Algériens sensibles à ce genre de discours ? Une chose est néanmoins sure. Ses sorties ne peuvent être le fait du hasard.
A.I.
