Sur son compte Instagram, l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a évoqué le dossier du Sahara occidental, retraçant ses origines historiques et soulignant ses conséquences sur les relations entre l’Algérie et le Maroc. Sans adopter une posture partisane, elle a rappelé les grandes lignes de cette question qui marque les relations entre les deux pays. «Je sais que la question du Sahara occidental est au cœur des tensions (…) et nous sommes tous témoins sur les réseaux sociaux de ressentiment, voire de détestation», écrit l’élue franco-palestinienne, militante de longue date pour les droits des Palestiniens.
Revenant sur les origines du conflit, Rima Hassan rappelle que «ce territoire a été laissé vacant par l’Espagne en 1975, avant d’être revendiqué par le Maroc. L’ONU avait alors saisi la Cour internationale de Justice, qui a reconnu l’existence de liens d’allégeance entre certaines tribus sahraouies et le sultan du Maroc, mais a refusé d’y voir une souveraineté territoriale exclusive». «Depuis, la question demeure en suspens, marquant durablement les relations diplomatiques et politiques entre deux peuples voisins.» Pour l’eurodéputée, cette impasse ne pourra être surmontée que par des négociations incluant les Sahraouis eux-mêmes, et à travers une réconciliation algéro-marocaine qu’elle appelle de ses vœux : «Les deux pays ont tant à perdre à se diviser et tant à gagner à se rassembler», souligne-t-elle. Car, au-delà des divergences officielles, les sociétés civiles des deux rives partagent une histoire, une culture et des solidarités anciennes, aujourd’hui étouffées par le climat de suspicion.
Mais l’affaire ne se limite pas aux seuls acteurs régionaux. Rima Hassan met également en lumière le rôle des puissances occidentales, accusées d’avoir entretenu, depuis la colonisation jusqu’à nos jours, des logiques de division pour mieux exploiter les richesses et contrôler les équilibres stratégiques. Dans le même registre, elle pointe un facteur aggravant : l’influence croissante de l’entité sioniste en Afrique du Nord. «Des réseaux pro-sionistes utilisent régulièrement la question du nationalisme marocain pour diviser Algériens et Marocains, y compris sur le dossier palestinien», avertit-elle.
La guerre numérique des «fermes de bots»
Un constat partagé par l’organisation Eekad, spécialisée dans la surveillance des campagnes numériques. Dans une récente enquête, cette structure a révélé l’existence d’un vaste réseau de plus de 22 000 comptes falsifiés, se présentant comme marocains mais diffusant en réalité des contenus pro-sionistes et hostiles à la résistance. Ces «fermes de bots» ne se sont pas limitées à la question palestinienne : elles ont également alimenté les animosités entre Marocains et Algériens, exacerbant rancunes et discours haineux de part et d’autre. Ces révélations dressent un tableau inquiétant. Elles montrent comment des acteurs extérieurs manipulent des fractures locales déjà vives, au détriment d’une opinion publique fragilisée par des décennies de blocages. Pour Eekad, il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. De nouvelles enquêtes devraient mettre au jour d’autres opérations occultes visant à influencer les débats dans le monde arabe. Entre appels à la réconciliation, mémoire des luttes coloniales et menaces contemporaines liées aux manipulations numériques, le conflit du Sahara occidental apparaît comme une affaire bien plus vaste que la seule question territoriale. Il montre combien ces tensions sont instrumentalisées par des puissances étrangères.
Depuis, la question du Sahara occidental demeure en suspens, non pas seulement comme un différend territorial, mais comme l’expression d’un droit à l’autodétermination que le peuple sahraoui revendique depuis près d’un demi-siècle. Soutenue par le droit international et inscrite à l’agenda des Nations unies, cette cause continue d’incarner l’aspiration légitime d’un peuple à décider librement de son avenir. Elle rappelle aussi combien la stabilité régionale et la réconciliation entre l’Algérie et le Maroc passent nécessairement par une solution juste et inclusive, qui tienne compte de la voix sahraouie et de ses aspirations.
Assia M.
