Une procédure désormais jugée lourde et contraignante, aussi bien pour les retraités que pour l’administration.
La Caisse nationale des retraites (CNR) a annoncé, hier, une série de réformes structurelles destinées à moderniser la gestion des pensions et à améliorer le pouvoir d’achat des retraités, avec une entrée en vigueur progressive à partir du 1er juin 2026.
S’exprimant lors d’une conférence tenue au forum du quotidien El Moudjahid, le directeur général de la CNR, Hafid Adrar, a présenté les principaux axes de cette réforme, marquée par une accélération de la digitalisation des services et une revalorisation générale des pensions.
Une transition vers la vérification numérique
Mesure phare de ce nouveau dispositif : la suppression du certificat de vie, longtemps exigé des retraités pour attester de la continuité de leurs droits. Jusqu’ici, ce document nécessitait un déplacement périodique vers les services communaux, avant transmission aux caisses concernées. Une procédure désormais jugée lourde et contraignante, aussi bien pour les retraités que pour l’administration.
Cette obligation est désormais remplacée par un système numérique de contrôle et d’authentification. La CNR mise sur des technologies de vérification biométrique, notamment la reconnaissance faciale via application mobile, permettant d’identifier le bénéficiaire à partir d’une simple capture photo intégrée au système central. Dans certains cas, la technologie NFC sera également utilisée pour la lecture sécurisée des données de la carte nationale d’identité via smartphone.
Selon le premier responsable de la CNR, ce basculement vers le numérique vise à simplifier les démarches, réduire les coûts de gestion, limiter les déplacements et renforcer la lutte contre les fraudes liées au maintien indu de pensions après décès, un phénomène qui a pu être constaté par le passé.
La réforme distingue toutefois les pensions directes, concernées par ce nouveau mécanisme d’authentification, et les pensions de réversion, dont les modalités de contrôle restent adaptées à la nature du droit.
Sur le plan financier, la CNR a également annoncé une revalorisation générale des pensions. Les allocations inférieures ou égales à 20 000 dinars bénéficieront d’une hausse de 10 %, tandis que celles dépassant ce seuil seront augmentées de 5 %.
Le montant minimum de la pension est désormais aligné sur le Salaire national minimum garanti (SNMG), fixé à 24 000 dinars, entraînant une hausse du minimum de 20 000 à 24 000 dinars mensuels. L’allocation minimale de retraite est également revue à la hausse, passant de 15 000 à 18 000 dinars, soit 75 % du minimum garanti des pensions.
Ces mesures devraient concerner plus de 3,5 millions de retraités à l’échelle nationale, selon les estimations avancées par la CNR, dans un contexte marqué par la pression du coût de la vie.
Parallèlement, l’institution renforce son offre de services numériques. Les retraités pourront désormais consulter leurs pensions à distance, recevoir des notifications par SMS, suivre les rappels de paiement et utiliser l’application mobile «RetraiteDZ», conçue pour centraliser les démarches administratives.
Calendrier exceptionnel des versements
Sur le plan opérationnel, la CNR a également introduit un calendrier exceptionnel de versement des pensions pour le printemps 2026. Le paiement du mois de mai sera avancé au 2 mai, tandis que les pensions de juin seront versées entre le 7 et le 18 juin. Le calendrier habituel, fixé entre le 15 et le 26 de chaque mois, reprendra à partir de juillet 2026.
Enfin, la CNR a évoqué les partenariats internationaux en matière de sécurité sociale. Des conventions sont actuellement en vigueur avec la France, la Tunisie et la Belgique. D’autres discussions sont engagées avec la Turquie, l’Égypte et la Mauritanie afin d’élargir la coopération dans la gestion des droits des retraités résidant à l’étranger.
L’institution indique par ailleurs travailler sur de nouveaux mécanismes de financement solidaires, destinés à assurer la pérennité du système de retraite et à consolider les équilibres financiers à long terme.
I. Khermane
