Face à une année marquée par la sécheresse et la baisse des ressources en eau, la question de la sécurité hydrique s’impose désormais comme une priorité nationale incontournable. Les récentes déclrations du ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal ont mis en lumière les stratégies déployées pour renforcer les infrastructures, anticiper les risques et garantir un approvisionnement durable, reflétant l’urgence d’adapter le secteur aux défis climatiques et aux besoins croissants du pays.
Le ministre a présenté un diagnostic précis de la situation hydrique du pays, tout en soulignant les défis liés au changement climatique, à la baisse des ressources conventionnelles et à la nécessité de renforcer les infrastructures existantes. Ses déclarations ont mis en évidence l’urgence d’une adaptation stratégique face à une année marquée par une diminution notable du taux de remplissage des barrages.
Mesures stratégiques pour garantir l’eau
Lors de son exposé devant la Commission de l’Habitat, de l’Équipement, de l’Hydraulique et de l’Aménagement du territoire de l’APN, Derbal a rappelé que « la sécurité hydrique constitue aujourd’hui un objectif national majeur ». En présence de la ministre des Relations avec le Parlement, il a insisté sur les effets de plus en plus visibles du changement climatique, en particulier la réduction des précipitations et l’irrégularité des apports pluviométriques. Selon lui, ces facteurs expliquent en grande partie la chute du taux de remplissage des barrages, passé à 31,92 % contre 35,50 % l’année précédente.
Le ministre a également indiqué que le gouvernement avait déjà engagé plusieurs mesures urgentes et stratégiques afin d’assurer la sécurité hydrique à court et long terme. Parmi ces actions figurent la modernisation des réseaux de distribution, la lutte contre les pertes d’eau, la réutilisation des eaux usées traitées et l’accélération des projets de dessalement. Cette baisse, qu’il a qualifiée de « signal de vigilance », impose d’intensifier les efforts d’optimisation et d’exploration de solutions alternatives. L’enjeu n’est plus seulement de répondre à la conjoncture actuelle, mais de bâtir un modèle hydrique capable de résister durablement aux aléas climatiques.
Interpellé par des membres du Conseil de la Nation, Taha Derbal a réitéré que les investissements réalisés ces dernières années ont permis d’améliorer la qualité du service public de l’eau et de renforcer la disponibilité de la ressource. En présence du président du Conseil, Azouz Nasri, il a rappelé que l’amélioration de l’accès à l’eau potable fait partie des priorités fixées par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Le recours à l’épuration
La veille, le ministre a affirmé, lors d’une séance d’audition devant la Commission Habitat, équipement, hydraulique et aménagement du territoire de l’Assemblée populaire nationale (APN), que l’Algérie dispose de 234 systèmes d’épuration, d’une capacité théorique totale de 1,1 milliard de mètres cubes par an, 601 millions de mètres cubes étant actuellement traités chaque année.
Selon le ministre, 19 % de ce volume sont utilisés dans l’agriculture et l’industrie, un taux « en augmentation continue », d’autant plus que le secteur a entamé la mise en œuvre d’un nouveau programme national de réutilisation des eaux épurées dans divers domaines. Ce programme comprend la réalisation de nouveaux systèmes d’épuration ainsi que la réhabilitation des systèmes actuellement exploités et leur équipement en techniques de traitement tertiaire, ce qui permet un traitement des eaux usées à un niveau élevé et une réutilisation sans restrictions dans toutes les cultures agricoles, «à même de contribuer à économiser les ressources hydriques conventionnelles et à les orienter vers l’alimentation en eau potable».
Sur un autre registre, le ministre a mis en garde contre «l’exploitation intensive des eaux souterraines, ce qui pourrait affecter à sa durabilité».
Transfert Timiaouine – Tin Zaouatine
Par ailleurs, la stratégie du secteur repose sur la réalisation de grands projets de transfert et d’interconnexion entre barrages, afin de créer un équilibre entre les régions en matière d’approvisionnement en eau, des zones les plus pourvues vers les zones les moins dotées, selon le ministre. Dans ce sillage, il a relevé l’enregistrement d’un important projet pour résoudre le problème du manque d’eau dans la ville de Tin Zaouatine, consistant en le transfert des eaux depuis Timiaouine, dans la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, vers la commune de Tin Zaouatine, dans la wilaya d’In-Guezzam, sur une distance de 260 km, le lancement des travaux étant prévu pour le premier semestre de l’année 2026.
K.Z.
