Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a été contacté, jeudi, par le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement du Royaume de Belgique, Maxime Prévot.
Selon un communiqué officiel du ministère, cet appel téléphonique a permis de «passer en revue les progrès réalisés dans la mise en œuvre des décisions prises de concert lors de la visite effectuée par le ministre belge en Algérie, en juillet dernier, dans le but d’insuffler une nouvelle dynamique à la coopération bilatérale».
Les deux responsables ont également évoqué «les préparatifs en cours en prévision de la tenue des prochaines échéances bilatérales», conclut le communiqué, soulignant la volonté des deux pays de poursuivre leur dialogue diplomatique.
Un contexte régional sensible
Cette communication intervient dans un contexte diplomatique délicat, marqué par la rencontre, le même jour à Bruxelles, entre Maxime Prévot et le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita. À cette occasion, la Belgique a justifié sa nouvelle position de soutien à «la marocanité» du Sahara occidental, précisant que cette décision visait également à ne pas compromettre sa relation avec un partenaire stratégique comme l’Algérie. Ce positionnement illustre la complexité des relations européennes avec le Maghreb, où Bruxelles doit jongler entre ses intérêts économiques et politiques, ses alliances régionales, et les pressions exercées par ses partenaires internationaux, notamment les États-Unis.
Dans une Déclaration conjointe signée à l’issue de la rencontre, le vice-Première ministre belge, a affirmé l’appui de son pays à l’Initiative d’autonomie présentée par le Maroc en 2007. Cette volonté, destinée à parvenir à un règlement du différend autour du Sahara occidental, «inscrit la région dans le cadre de la souveraineté du Royaume et de son unité nationale», selon le document. La Belgique s’engage à agir «aux niveaux diplomatique et économique sur la base de cette position», tout en veillant à préserver ses relations avec l’Algérie.
Pressions et enjeux internationaux
Ce soutien belge s’inscrit dans une dynamique plus large de pressions exercées par les États-Unis sur plusieurs pays occidentaux, dont la France, l’Allemagne et l’Union européenne, pour obtenir un alignement sur la position marocaine concernant le Sahara occidental. L’initiative met l’Algérie, historiquement soutenant le Front Polisario, face à un nouveau défi diplomatique et pourrait influencer ses relations bilatérales avec la Belgique. Plusieurs analystes estiment que la Belgique cherche à maintenir un équilibre délicat : afficher son soutien au Maroc tout en évitant de rompre ses liens économiques et énergétiques avec l’Algérie, un partenaire clé dans le Maghreb et en Europe.
Malgré ce contexte, l’appel entre Ahmed Attaf et Maxime Prévot semble vouloir maintenir un dialogue constructif et préserver les relations algéro-belges sur les plans politique, économique et culturel. Les préparatifs évoqués pour les prochaines échéances bilatérales témoignent de la volonté des deux ministères de continuer à renforcer la coopération, tout en naviguant dans un contexte régional complexe et sensible. Ce type de communication permet de limiter les tensions tout en préparant les conditions d’un dialogue stratégique durable, capable de résister aux fluctuations diplomatiques et aux pressions extérieures.
A.M.
