La politique régionale, le programme nucléaire et les relations avec l’Occident seront au cœur des enjeux.
Le départ d’Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran, marque une étape décisive dans l’histoire politique du pays.
Après plus de trois décennies de pouvoir, son assassinat, à l’âge de 86 ans, met fin à une ère qui a profondément façonné l’Iran moderne, ses relations régionales et ses orientations internationales. Cet événement bouleverse non seulement le paysage politique iranien, mais soulève également une série de questions sur les perspectives géopolitiques de la République islamique.
Trois décennies de pouvoir
Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989 après la mort de Khomeini, a consolidé son autorité en Iran grâce à des réformes internes et à des stratégies régionales. Son influence s’est traduite par un renforcement des institutions religieuses et l’essor du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), devenu une force militaire et économique majeure.
Sous Khamenei, l’Iran a renforcé son influence régionale en soutenant des mouvements comme le Hezbollah au Liban, le Hamas à Ghaza, et en intervenant militairement en Syrie pour soutenir le régime de Bashar al-Assad. Cette politique a accentué les tensions avec Israël, les États-Unis et leurs alliés, marquées par des frappes et des attaques ciblant notamment les infrastructures nucléaires iraniennes.
Le programme nucléaire iranien, bien que Khamenei ait interdit l’acquisition d’armes nucléaires pour des raisons religieuses, a continué de se développer, suscitant des inquiétudes internationales. L’accord de 2015 (PAGC) a temporairement apaisé les tensions, mais le retrait des États-Unis en 2018 a relancé le programme nucléaire et aggravé les relations avec l’Occident.
La succession et l’avenir de l’Iran
À la suite de la mort de Khamenei, la question de la succession devient centrale. Selon la Constitution iranienne, le Conseil des experts de la direction est chargé de désigner le Guide suprême, un processus qui demeure largement opaque. Le départ de Khamenei ouvre ainsi une période d’incertitude politique, tant à l’intérieur qu’à l’international.
Dans ce contexte, l’agence de presse étudiante iranienne (ISNA) a rapporté hier que l’ayatollah Alireza Arafi a été nommé membre du Conseil de direction iranien, une instance temporaire en charge de la gestion du pays en attendant l’élection d’un nouveau Guide suprême par le Conseil des experts.
Des appels à la modération
La communauté internationale a réagi au départ de Khamenei par des appels à la modération et à la désescalade. L’ONU, la Chine et la Malaisie ont plaidé pour un cessez-le-feu et des négociations diplomatiques. Les pays européens, dont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, ont exhorté à la reprise des discussions sur le nucléaire iranien. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a rappelé la responsabilité de Khamenei dans le soutien à des programmes militaires et à des groupes extrémistes.
L’après-Khamenei
Le départ de Khamenei place l’Iran à un tournant, confronté à des tensions internationales. La politique régionale, le programme nucléaire et les relations avec l’Occident seront au cœur des enjeux, tandis que l’incertitude du processus de transition pourrait redéfinir la position de l’Iran sur la scène mondiale.
Assia M.
