Donald Trump prétend avoir été mis devant le fait accompli : l’armée israélienne a bombardé le bureau politique du Hamas au cœur de Doha, capitale du Qatar, allié stratégique des États-Unis.
Il insiste : «Ce n’était pas ma décision, mais celle de Netanyahu.»
Par S. M.
Ce discours n’est pas de la diplomatie, c’est du cinéma mal joué. Car chacun sait que sans le feu vert américain – qu’il soit tacite ou explicite – jamais l’entité génocidaire n’oserait frapper en plein territoire d’un allié des États-Unis, à deux pas de la plus grande base militaire américaine de la région.
Trump se livre à un exercice d’équilibrisme : il critique «l’opération unilatérale» qui ne sert personne, mais il rappelle dans le même souffle que l’élimination du Hamas est une cause “digne”. Autrement dit : la méthode est mauvaise, mais l’objectif est validé.
C’est l’art consommé de dire tout et son contraire, de feindre l’indignation tout en cautionnant la logique guerrière.
Doha, l’allié humilié
Le Qatar, médiateur incontournable et partenaire militaire central des États-Unis, a été bombardé, humilié, et Trump le sait. Il dit avoir «prévenu trop tard» son homologue qatari. Trop tard ? Non, trop commode. Le président américain se dédouane, mais ne remet jamais en cause l’impunité sioniste.
Résultat : un allié stratégique piétiné, et une promesse creuse – «cela ne se reproduira plus» – qui sonne comme un gag diplomatique.
Pendant ce temps, Netanyahu poursuit sa fuite en avant. Il promet à Trump vouloir «la paix»… tout en ordonnant des frappes qui déstabilisent la région et sabotent les médiations. Derrière ce double langage, une seule réalité : Netanyahu veut gagner du temps, renforcer son image de chef de guerre et imposer son agenda, quitte à plonger le Moyen-Orient dans le chaos.
En annonçant la finalisation d’un accord militaire avec le Qatar, Trump tente de transformer l’incident en opportunité politique. Mais c’est une diversion : on maquille une agression en prétexte à renforcer l’empreinte américaine dans le Golfe. Un marché sur le dos des victimes.
Trump joue au pompier après avoir laissé mettre le feu. Ses mots sont des rideaux de fumée : un spectacle destiné à calmer les chancelleries et à rassurer l’opinion publique américaine, sans jamais briser l’impunité sioniste.
Pendant que les puissants jonglent avec les mots, Ghaza continue de brûler, Doha est frappée, et la paix s’éloigne. Le cinéma diplomatique se joue en costumes trois pièces, mais c’est le peuple palestinien qui en paie le prix en sang et en exil.
S.M.
