Le ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Tayeb Zitouni, a ordonné de maintenir la dynamique actuelle en intensifiant les opérations de contrôle, notamment sur les produits de base et dits « sensibles », en particulier durant les heures de pointe et la nuit, lorsque l’activité commerciale est à son comble.
Lors d’une réunion d’évaluation avec les cadres de son secteur, afin de faire le point sur l’état du marché, le ministre Zitouni a insisté sur l’approvisionnement et la disponibilité des produits de grande consommation, le maintien de la stabilité des prix et la prévention des risques d’intoxication alimentaire, notamment dans les régions soumises à une forte pression estivale.
Il a également insisté sur l’activation des comités sectoriels locaux mixtes, qui doivent intervenir rapidement pour résoudre toute perturbation potentielle du marché. La coordination entre les institutions concernées est jugée primordiale pour garantir l’efficacité des interventions.
Dans un souci de stabilité des prix et d’accès direct aux produits pour les consommateurs, le ministre a réaffirmé l’ouverture gratuite des espaces commerciaux de l’entreprise publique Magros aux producteurs. Cette initiative permet notamment la commercialisation directe de produits comme les pommes, le raisin ou les œufs, réduisant ainsi l’impact de l’intermédiation illégale.
Une mercuriale indécise
Une tournée menée récemment dans les marchés de la capitale révèle une relative stabilité des prix sur de nombreux produits, malgré une légère hausse sur certains légumes hors saison. La pomme de terre se vend entre 100 et 110 DA/kg, la carotte entre 85 et 100 DA, et la tomate atteint parfois 120 DA/kg.
D’autres produits connaissent une baisse notable : l’oignon est affiché à 45 DA/kg contre 70 DA auparavant, et l’ail vert est désormais proposé à 100 DA/kg, soit une légère baisse. Le prix de la pastèque oscille entre 50 et 70 DA/kg.
Les viandes connaissent également un apaisement des prix : la viande rouge importée, plafonnée à 1350 DA/kg, est trouvable à 1000 DA dans certaines régions. La viande blanche reste entre 350 et 390 DA/kg pour le poulet, et entre 680 et 750 DA pour les escalopes.
Flambée des prix des œufs
Le point noir reste sans conteste le marché des œufs. Affichés à environ 10-15 DA l’unité il y a peu, le prix d’un plateau de 30 œufs atteint désormais 550-600 DA sur les étals, soit près de 20 DA par œuf. Cette augmentation, suscite incompréhension et mécontentement parmi les ménages, notamment les plus modestes.
Selon la Fédération Nationale des Éleveurs Avicoles Algériens (FNAV), cette flambée n’est pas due à un événement ponctuel mais à des causes structurelles. Le président de la FNAV, Ali Benchaiba, a expliqué que les prix longtemps maintenus autour de 300 DA le plateau étaient anormalement bas par rapport aux coûts de production, provoquant des pertes importantes chez les petits éleveurs, dont un grand nombre ont cessé leur activité.
Cette baisse de l’offre, combinée à une forte demande a déséquilibré le marché. « Nous savions qu’une hausse allait survenir, mais pas à ce point », déclare Benchaïba, qui prévoit une stabilisation après l’été, sans retour aux anciens prix. «Un prix avoisinant les 600 dinars ne se maintiendra pas après l’été, mais il est peu probable que les prix redescendent à 300, voire 350 dinars sur les marchés de gros», explique-t-il.
Certains observateurs ont mis en cause l’autorisation récente d’exporter les œufs algériens. La FNAV rejette catégoriquement cette hypothèse, affirmant qu’aucune exportation n’a encore eu lieu et que les volumes prévus resteront très limités, sans impact significatif sur l’approvisionnement local.
Islam K.
