Les perturbations actuelles des flux énergétiques accentuent les pressions inflationnistes sur l’économie mondiale.
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a pris part, lundi à Riyad, à la réunion consultative des ministres des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et des pays non membres participant à la Déclaration de coopération (Opep+).
La participation de Mohamed Arkab à cette réunion s’inscrit dans le cadre de l’engagement de l’Algérie à poursuivre la coordination et le dialogue avec les pays signataires de la Déclaration de coopération Opep+.
Organisée en marge de la 17ᵉ réunion ministérielle du Forum international de l’énergie (IEF17) et de la 25ᵉ édition du salon « WPC Energy », cette rencontre fait suite aux décisions prises lors de la 68ᵉ réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), tenue le 4 octobre 2026. Ce dernier avait recommandé la tenue d’une réunion regroupant les ministres des pays signataires de la Déclaration de coopération Opep+ présents à Riyad, ainsi que des ministres participant par visioconférence.
Les discussions ont porté sur la situation du marché pétrolier mondial, ses perspectives d’évolution et les répercussions des tensions maritimes et logistiques sur sa stabilité, ainsi que sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique.
Protéger les voies maritimes internationales
Les ministres ont particulièrement insisté sur la gravité des tensions maritimes et logistiques, qui fragilisent l’approvisionnement énergétique international. Ils ont souligné que les perturbations de l’approvisionnement en énergie accentuent les pressions inflationnistes sur l’économie mondiale.
Les participants ont ainsi mis en avant la nécessité de protéger les voies maritimes internationales afin de garantir un approvisionnement régulier et ininterrompu en énergie. Ils ont rappelé que la liberté de navigation et la sécurité des routes maritimes constituent des conditions essentielles à la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie et à la continuité de l’approvisionnement en pétrole brut et en produits pétroliers.
Les ministres ont également relevé que les perturbations actuelles des flux énergétiques ont provoqué une hausse exceptionnelle des coûts de transport et d’assurance, qui ont dépassé le tiers de la valeur des marchandises transportées. Cette situation entrave l’acheminement du pétrole brut et des produits pétroliers dans les délais requis et dans des conditions d’efficacité optimales, affectant aussi bien les pays producteurs que les pays consommateurs.
Les prévisions de la demande revues à la baisse
Dans ce contexte marqué par les tensions géopolitiques, le dernier rapport mensuel de l’Opep, publié lundi, fait état d’une révision à la baisse de ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole. Présenté en marge de la semaine de l’énergie par le secrétaire général de l’organisation, Haitham Al Ghais, le rapport table désormais sur une hausse de seulement 400 000 barils par jour (b/j) en 2026.
Cette révision est attribuée notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier à la fermeture du détroit d’Ormuz, ainsi qu’au ralentissement économique dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), où la demande devrait reculer de 110 000 b/j.
Cette nouvelle prévision contraste fortement avec celle de 1,4 million de barils par jour avancée au début de l’année, avant le déclenchement du conflit. Initialement maintenues à un niveau relativement stable pendant plusieurs mois, les projections de l’Opep ont ensuite été progressivement revues à la baisse dans ses rapports mensuels successifs. Le mois dernier encore, l’organisation anticipait une croissance de la demande proche de 600 000 b/j.
Engagement en faveur de la stabilité
Face à cette conjoncture fragile, les pays de l’alliance Opep+ ont convenu de renforcer le suivi de l’évolution du marché et d’approfondir le dialogue avec les institutions internationales de référence, notamment l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Forum international de l’énergie (IEF), ainsi qu’avec les acteurs de l’industrie.
Cette démarche vise à améliorer les conditions de navigation et à prévenir les risques de perturbation de la chaîne logistique énergétique.
Les participants ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre la concertation et la coordination entre tous les pays signataires de la Déclaration de coopération Opep+, à travers les mécanismes existants, notamment le Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) et les réunions ministérielles des pays membres de l’Opep et des pays non membres signataires de la déclaration.
Enfin, ils ont renouvelé leur engagement à appliquer les décisions adoptées lors de la 41ᵉ réunion ministérielle de l’Opep+, tenue le 7 juin 2026, en vue de stabiliser durablement le marché pétrolier.
S. Smati
