La préservation de la cohésion sociale passe par la création de l’emploi et de richesses.
Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens, Amar Takdjout, a affirmé, hier, que l’état social est un élément essentiel pour le citoyen. Invité à l’émission « débats politiques » de la radio chaine 3, le secrétaire général de l’UGTA a indiqué que de cet état social existe bien en Algérie et qu’il est ressenti.
Cependant, Amar Takdjout déplore le manque d’organisation et de concertation. Pour Amar Takdjout, « notre mal est la communication ». Il a expliqué qu’on pêche dans l’explication aux citoyens de ce qu’est l’état social qui n’est pas que le salaire. Le pouvoir d’achat c’est aussi la santé, l’éducation et le logement.
Amar Takdjout a déploré que le débat est concentré sur la dépense et la monnaie, occultant la valeur du travail. Certes l’Etat dépense beaucoup, mais au final il y a toujours insatisfaction.
Concernant les récentes augmentations salariales décidées par les pouvoirs publics, le patron de l’UGTA a affirmé que nul n’a le droit de ne pas les appliquer mais il a aussi ajouté que cela doit se faire, pour certains secteurs, dans la concertation.
Il a également évoqué la question du ciblage des subventions pour lesquelles, soulignant l’importance de faire des simulations qui prennent en compte à la fois les salaires et les prix afin, a-t-il indiqué, déterminer l’approche idoine. Il faut en finir avec cette manne avec laquelle on achète la paix sociale. Prenant en exemple la récente grève des transporteurs, le SG e l’UGTA a pointé du doigt l’absence de représentativité.
« Avec qui discuter », a-t-il souligné. Pour comprendre et se comprendre, il faut, selon lui, se départager de la posture «dans laquelle nous somme à savoir celle de la réaction et aller plutôt vers l’action», ajoutant qu’il est impératif de revoir la démarche organisationnelle, parce qu’il y a justement un problème d’organisation.
Amar Takdjout a, par ailleurs, indiqué que l’absence d’une cartographie économique pose problème. Des opérateurs qui émergent dans l’informel pose problème.
L’ONS qui peine à avoir accès aux statistiques pose problème. « Nous sommes dans un monde en mutation et nous, nous somme dans un dialogue à sens unique ». Ce qui rend un débat sur l’organisation essentielle. Questionner sur la tripartite, Amar Takdjout a estimé qu’avant de tenir une tripartite, il faudrait d’abords s’organiser et se pencher sur la question de la représentativité. Est-ce que le patronat est représentatif ? Même chose pour le monde du travail ? affirmant qu’il ne diminue en rien l’importance de cette espace de dialogue, mais, selon lui, il faut au préalable s’organiser.
S’il n’y a pas ce débat, il n’y aura pas de tripartite parce qu’elle ne suffit pas à elle seule. La préservation de la cohésion sociale passe, selon Amar Takdjout, par la création de l’emploi et de richesses. Il a, par ailleurs, ajouté que les institutions doivent faire preuve de vigilance dans l’application des lois.
Abondant dans le même sens, le Professeur Rachid Belhadj, Président du Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires, a souligné qu’il faut parler chiffres et évaluation des secteurs, ajoutant qu’il faut écouter les gens qui sont sur le terrain. Rachid Belhadj a affirmé qu’il « faut qu’on nous écoute et qu’il ait du répondant ».
Il faut également, selon lui, préserver notre élite pour diminuer la dépendance technologique du pays. La cohésion sociale se préserve par le dialogue. Un dialogue culturel et pas conjoncturel, a conclu Rachid Belhadj.
Saïd S.
