On se rejette la patate chaude. Annoncée en décembre 2024 par le président Abdelmadjid Tebboune, l’allocation devait offrir 750 euros par adulte et 300 euros par mineur annuellement pour les voyages. Six mois plus tard, aucun versement. Interpellé, lors de la séance parlementaire tenue mercredi 4 juin, sur l’entrée en vigueur du nouveau montant de l’allocation touristique, le ministre a été catégorique. «Posez la question à la Banque d’Algérie», a-t-il répondu, soulignant que «la mise en œuvre relève exclusivement de la Banque d’Algérie, qui gère ses propres règles» tout en rappelant que la Banque d’Algérie «dispose d’une autonomie de gestion et d’une réglementation spécifique». Une manière de rejeter la balle à l’autre camp. Cette déclaration intervient plus de deux mois après une annonce faite par le même ministre à la fin mars, dans laquelle il indiquait que les préparatifs techniques auprès des banques étaient presque achevés, et que le versement de la nouvelle allocation de 750 euros commencerait deux semaines après l’Aïd El-Fitr, célébré le 31 mars.
En dépit de la mise en place de guichets dédiés dans les aéroports, ports et postes frontières terrestres, la mesure n’a toujours pas été activée à ce jour. Ce qui suscite de plus en plus d’interrogations dans la rue et au sein du Parlement. Pourtant, le Président Tebboune avait présidé, février dernier, une réunion de travail consacrée à l’application de la nouvelle augmentation de l’allocation touristique, fixée à 750 euros.
Une réunion marquant ainsi la volonté du chef de l’Etat d’évaluer ce qui a été entrepris depuis l’annonce de cette décision, le 8 décembre dernier, à l’issue de la réunion du Conseil des ministres. Le communiqué ayant sanctionné cette réunion de décembre a indiqué qu’il a été décidé de porter l’allocation touristique à 750 euros une seule fois par an pour les personnes majeures et à 300 euros une seule fois par an pour les mineurs. Alors que l’entrée en vigueur de cette mesure était attendue pour le deuxième trimestre 2025, la dernière déclaration du ministre des Finances laisse l’avenir de cette allocation en suspens, sans échéance claire, alimentant l’attente et accentuant l’opacité autour de ce dossier considéré comme l’un des plus attendus sur le plan économique par les citoyens. D’autant qu’Oussama Arbaoui, président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, a affirmé dans une déclaration à Echorouk Online, que les banques sont en mesure de commencer à verser l’allocation dès que l’instruction officielle de la Banque d’Algérie leur parviendra. Tous les dispositifs internes ont été mis en place. L’attente concerne uniquement le texte administratif qui autorise et précise les conditions d’application. Ainsi, mais sans le cadre réglementaire, aucune banque ne peut effectuer de versement. L’ensemble du dispositif repose donc sur une instruction qui se fait attendre. Or, ce retard contribue à maintenir des taux de change élevés sur le marché noir. Ce retard, outre de perturber la stabilité du marché de changes, complique également les efforts des autorités financières pour restaurer la confiance des citoyens dans le système bancaire, et limite l’efficacité des tentatives d’intégration du marché informel dans le cadre légal.
Synthèse Badis B.
