Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a révélé, dans une correspondance adressée au député Omar Mechri, que 100 799 bénéficiaires de l’allocation du chômage ont d’ores et déjà été insérés dans des postes d’emploi depuis le lancement du dispositif.
Cette précision figure dans la réponse écrite du ministre Abdelhak Saihi, datée du 16 octobre 2025, en réponse à une question parlementaire sur l’avenir des bénéficiaires de cette allocation. Selon la note ministérielle, le dispositif est encadré par le décret exécutif n° 22-70 du 10 février 2022, qui fixe les conditions d’octroi de l’allocation, son montant ainsi que les obligations des bénéficiaires. Le ministère précise que l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) assure le suivi et la gestion du programme à travers la plateforme numérique «Mhanati», permettant le contrôle des conditions d’éligibilité et le croisement des données entre les différents organismes publics concernés. Ce système vise à garantir la transparence et l’efficacité du dispositif tout en préservant ses objectifs sociaux.
Un accompagnement global
Parallèlement au versement de l’allocation, des mesures d’accompagnement ont été mises en place pour favoriser l’intégration durable des bénéficiaires dans le marché du travail. Le ministère cite notamment l’orientation des bénéficiaires non qualifiés vers les centres de formation professionnelle et d’apprentissage, afin de renforcer leur employabilité et faciliter leur insertion.
D’autres actions portent sur la promotion de l’esprit d’initiative et d’entrepreneuriat, à travers la sensibilisation à la création d’entreprises et le soutien à la mise en œuvre de projets économiques.
Dans ce cadre, une convention-cadre a été conclue entre l’Agence nationale de l’emploi et l’Agence nationale de soutien et de développement de l’entrepreneuriat, afin de coordonner leurs efforts pour la création d’activités et la lutte contre le chômage.
Le bilan communiqué par le ministère fait état de 520 272 bénéficiaires orientés vers des centres de formation professionnelle, dont 18 711 suivent actuellement leur formation au titre de la session de février 2025. Par ailleurs, 282 331 bénéficiaires ont déjà terminé leur formation, un indicateur qui reflète l’ampleur du dispositif mis en œuvre depuis octobre 2022.
Le ministère précise que la suspension de l’allocation chômage pour non-respect des conditions d’éligibilité n’exclut pas les demandeurs d’emploi du dispositif d’accompagnement. Ces derniers continuent de bénéficier des services de l’ANEM, notamment à travers leur orientation vers des offres d’emploi adaptées à leurs qualifications scientifiques et professionnelles.
À travers cette approche, le gouvernement entend éviter la dépendance prolongée à l’allocation et privilégier une dynamique d’insertion active dans le marché du travail.
L’emploi, un enjeu économique et structurel
Dans sa réponse, le ministre souligne que la question de l’emploi demeure indissociable de la dynamique économique nationale. Il rappelle que la politique de l’emploi du gouvernement repose désormais sur une approche économique axée sur les grands projets structurants, amorcés depuis 2020, et destinés à créer la richesse et des postes de travail directs et indirects.
La lutte contre le chômage, insiste-t-il, «nécessite la coordination et la complémentarité des efforts de l’ensemble des secteurs d’activité impliqués sur le marché du travail».
À travers ce dispositif, l’État algérien ambitionne de concilier justice sociale et efficacité économique, tout en assurant un suivi rigoureux des plus de 620 000 bénéficiaires déjà accompagnés par le programme, entre formation, insertion et entrepreneuriat.
R.N.
