Par Samir MÉHALLA
Qu’on se le dise : les candidats ont du génie. Un génie incandescent, irréfutable, un souffle rare qui prouve que notre jeunesse a l’or et le feu dans la voix.
Ces jeunes, notamment celle qui a sublimé Amar Zahi, portent déjà l’âme d’une Algérie musicale éternelle. Mais au lieu de les élever, on les assassine artistiquement.
Car que vaut un talent sans un écrin digne de lui ?
Ici, le décor est une farce, l’orchestre une insulte, la mise en scène un cercueil.
À la baguette ? Un chef d’orchestre inapte à la direction, incapable d’arrangements, une caricature de maestro. Ses gestes creux trahissent la grandeur qu’il devrait incarner. Et on a des chefs d’orchestres mieux lotis. À ses côtés, un orchestre vidé de nos musiciens chevronnés, ces virtuoses que l’on a tout simplement effacés. Un désert sonore, une pauvreté affligeante.
Et que dire du jury ? Une assemblée valable mais qui a enterré vivants nos véritables maîtres. Où sont passés ces grands noms qui devraient régner sur le plateau ? Ils sont écartés, oubliés, remplacés par des silhouettes choisies par on ne sait quel cénacle de copinage.
Safi Boutella, qu’on ne s’y trompe pas : on dit de lui génie immense, et héritage incontestable. Sans doute ! Mais dans ce plateau, il est à contre-emploi, réduit à une figure de vitrine.
Alors, encore et toujours, la même question, implacable : qui décide de ce massacre ?
Qui a choisi un jury sans relief ? Qui a imposé ce chef d’orchestre pitoyable ? Qui ose mutiler ainsi la mémoire de nos maîtres et l’avenir de nos jeunes talents ?
Le scandale est total : Alhane wa Chabab n’est plus une émission, c’est une profanation de notre héritage musical, une gifle à nos virtuoses, une trahison envers la jeunesse.
Si l’art a une dignité, si la musique a une mémoire, alors il faut le dire haut et fort : ce plateau n’est pas un tremplin, mais un…. bref !
S.M.
