La première session de la grande commission parlementaire algéro–mauritanienne s’est tenue les 13 et 14 février derniers à Alger, marquant une étape décisive dans le renforcement des relations bilatérales entre les deux pays.
Cette rencontre traduit la volonté politique commune d’élever la coopération à un niveau plus intégré et efficace, notamment sur le plan économique, un axe stratégique pour les deux nations, au moment où la région connaît des transformations rapides et des défis sécuritaires et économiques majeurs.
Le rôle du Parlement dans la diplomatie économique
Le président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, a insisté sur le rôle actif du Parlement dans la promotion de la diplomatie parlementaire et la consolidation du partenariat économique. Il a rappelé que la Mauritanie est le premier pays avec lequel l’Algérie a créé une grande commission parlementaire, illustrant la place privilégiée des relations algéro–mauritaniennes. Boughali a également souligné la dynamique croissante des relations bilatérales, reflet de la vision stratégique menée par le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, fondée sur le soutien à l’intégration économique, la stabilité régionale, la coopération Sud–Sud et l’ouverture sur l’Afrique. Il a insisté sur le fait que ces relations reposent sur des bases solides : liens fraternels, confiance mutuelle, respect de la souveraineté et non-ingérence, principes constitutifs de la diplomatie algérienne.
Cinq ateliers pour définir les axes de coopération
La session a été structurée autour de cinq ateliers thématiques, couvrant des domaines clés de la coopération bilatérale : l’activation du rôle parlementaire dans le renforcement de la coopération économique, les perspectives de la coopération, les opportunités dans les secteurs de l’énergie et de la santé, ainsi que les mécanismes parlementaires d’accompagnement. Les débats ont mis en lumière l’importance des projets structurants communs, tels que la route terrestre reliant Tindouf à Zouérate, le développement d’un lien maritime entre les deux pays, la création de zones franches frontalières et l’expansion des investissements dans l’énergie, les mines, les énergies renouvelables et l’économie numérique. Ces projets sont perçus comme des leviers de développement local et de création d’emplois pour les populations frontalières, tout en consolidant l’intégration économique régionale.
Des recommandations concrètes
Les travaux se sont conclus par l’adoption de recommandations concrètes, parmi lesquelles la création de chaînes de production communes, le renforcement des liaisons commerciales maritimes, terrestres et aériennes, la mise en place de zones franches communes, l’harmonisation des cadres légaux et douaniers, ainsi que le soutien à des projets conjoints dans l’industrie pharmaceutique et la facilitation de l’enregistrement des médicaments algériens en Mauritanie. Une commission subordonnée sera chargée de suivre ces projets et d’organiser des visites parlementaires sur le terrain, garantissant un suivi effectif et la coordination entre les acteurs économiques et institutionnels des deux pays.
Vers un partenariat intégré et durable
En clôture, les deux parties ont souligné que cette session constitue une étape qualitative dans le parcours de la coopération parlementaire, appelant à des résultats concrets et durables. Elle vise à renforcer le partenariat économique, répondre aux aspirations des peuples frères et soutenir la stabilité et le développement dans la région et sur le continent africain. Cette initiative témoigne de la maturité des relations algéro–mauritaniennes et de la volonté des deux pays de construire un partenariat intégré et stratégique, capable de s’inscrire dans les transformations économiques et régionales actuelles. Les parlementaires ont rappelé que le rôle de l’Assemblée dépasse la simple diplomatie symbolique. Il s’agit d’un véritable outil de coordination et de suivi, garantissant que les décisions prises se traduisent en projets tangibles et en bénéfices concrets pour les citoyens.
R.N
