En un an et demi à la tête du gouvernement, Giorgia Meloni a su imposer un style, une méthode et une vision qui ont profondément modifié l’image de l’Italie sur la scène internationale.
Par S. M.
Dans un pays habitué à l’instabilité chronique — plus de 60 gouvernements en 75 ans —, la dirigeante a réussi à consolider sa position, stabiliser la coalition au pouvoir et projeter l’Italie comme un acteur incontournable, notamment en Méditerranée et en Afrique.
Un modèle dont notre pays pourrait s’inspirer tant les convergences entre les deux nations apparaissent évidentes.
Giorgia Meloni a hérité d’une Italie fragmentée politiquement et fragilisée économiquement. Elle a su répondre par une stratégie en trois volets :
-Assurer la stabilité interne : maintien d’un équilibre entre les différentes sensibilités de sa coalition, tout en évitant les fractures idéologiques explosives.
-Soutenir les classes moyennes : allègements fiscaux ciblés, mesures pour la compétitivité des entreprises et lutte contre l’inflation.
-Renforcer le rôle international : affirmation de l’Italie comme pivot énergétique et économique entre l’Europe et l’Afrique.
Ces objectifs trouvent un écho naturel en Algérie, pays qui s’attache lui aussi à conjuguer développement interne, diversification économique et renforcement de son rôle géopolitique.
Le «Plan Mattei» : un levier méditerranéen et africain
Lancé en janvier 2024, le «Plan Mattei» se veut un partenariat gagnant-gagnant avec l’Afrique, loin des logiques d’exploitation héritées du passé colonial. Porté par le géant énergétique ENI, il combine investissements, transferts de compétences et grands projets d’infrastructures.
L’Algérie figure naturellement au cœur de cette stratégie. Partenaire énergétique historique de l’Italie, elle fournit déjà une part importante du gaz acheminé vers l’Europe par le gazoduc Transmed. Mais au-delà de l’énergie, les deux pays explorent ensemble des projets industriels, agricoles et logistiques, qui pourraient consolider un axe stratégique Algérie-Italie-Afrique subsaharienne.
Des intérêts et valeurs alignés
Ce rapprochement s’explique par plusieurs facteurs :
Complémentarité énergétique : l’Algérie dispose de ressources, l’Italie maîtrise le savoir-faire et les réseaux européens.
Convergence géopolitique : face aux ambitions chinoises, turques et russes en Afrique, les deux pays défendent une approche équilibrée et respectueuse de la souveraineté des États.
Vision méditerranéenne partagée : sécuriser les flux commerciaux et énergétiques, tout en stabilisant le voisinage sud de l’Europe.
L’Algérie voit dans l’Italie un partenaire fiable, capable de défendre ses intérêts communs au sein de l’Union européenne. L’Italie, de son côté, considère l’Algérie comme un pilier de la stabilité régionale et un passage obligé pour tout projet africain ambitieux.
Un modèle transposable
La réussite italienne démontre qu’un pays méditerranéen peut, en peu de temps, conjuguer crédibilité internationale et solidité interne, à condition de définir un cap clair et de s’y tenir. L’Algérie, qui a déjà initié des réformes économiques et diplomatiques, pourrait s’inspirer de cette approche pour renforcer ses alliances, diversifier ses partenariats et projeter son influence en Afrique et au-delà.
L’Italie de Giorgia Meloni et l’Algérie partagent une même ambition : devenir des puissances de médiation et de développement, capables de parler d’égal à égal avec les grands acteurs mondiaux. Leurs objectifs concordent, leurs intérêts se croisent et leur coopération, déjà solide, pourrait bien devenir l’un des piliers de l’équilibre méditerranéen et africain dans les années à venir.
S.M.
